Présidentielle 2022 : «Je suis plus déterminé que jamais», lance Xavier Bertrand – Le Parisien

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En double campagne. Président (DVD, ex-LR) de la région des Hauts-de-France, Xavier Bertrand est tout d’abord candidat à sa réélection, ce qui n’est pas gagné. Mais il est aussi une figure de plus en plus incontournable − et, comme il l’assure au Parisien – Aujourd’hui en France, « déterminé » − pour représenter la droite lors de la présidentielle de 2022.

Dans le dossier Bridgestone, qui veut fermer son usine de pneus de Béthune dans le Pas-de-Calais, où travaillent 863 salariés, êtes-vous, comme l’Etat, condamné à l’impuissance ?

XAVIER BERTRAND. Certainement pas. Vous ne pouvez pas les forcer à investir, mais vous pouvez leur dire : nous serons à vos côtés si vous le faites. Si Bridgestone a un plan d’investissement à 200 millions d’euros, l’Etat et la région peuvent en financer une large part avec le plan de relance. Ce sera beaucoup plus rentable pour eux. S’ils refusent d’étudier ce plan B, il y aura des années de procédure et une guérilla juridique. La France n’est pas un pays où l’on jette les salariés comme des kleenex ! En 2013, Bridgestone voulait fermer son usine de Bari en Italie. L’Etat a enclenché un dur bras de fer, a cofinancé les investissements et l’usine a été maintenue : qu’on fasse pareil à Béthune !

Vous redoutez une vague de plans sociaux en France ?

Bridgestone ne sera malheureusement pas le dernier. Nous aurons aussi des plans sociaux qui seront, eux, directement liés à la crise du Covid, sans oublier les commerces, par exemple, qui n’ont pas rouvert : 2000 fleuristes déjà.

Comment éviter ces fermetures ?

Le dispositif de chômage partiel a du sens, le gouvernement a bien fait de le mettre en place. Il vaut mieux financer de l’activité partielle que des salariés au chômage. Continuons tant qu’on n’a pas levé les incertitudes liées au virus. Mais nous devons aller plus loin, en renforçant le soutien aux catégories les plus fragiles, les intérimaires, les contrats courts, les jeunes qui arrivent sur le marché du travail. Et les indépendants : ceux-là, quand ils n’ont plus d’activité, ils n’ont plus rien pour vivre ! Pour eux, il faut un plan d’urgence. L’objectif du gouvernement est de créer 160000 emplois en 2021. Pôle emploi parle de 800 000 destructions d’emplois sur un an. On est loin du compte !

Le gouvernement gère-t-il bien la crise sanitaire liée à l’épidémie de Covid-19 ?

Après le scandale des masques, la désorganisation des tests révèle une vraie impréparation. Concernant le vaccin, le gouvernement n’aura plus le droit à l’erreur. Et les Français comptent bien être les premiers servis, car nous avons des labos pharmaceutiques installés en France.

En cette rentrée, le gouvernement présente un projet de loi sur le séparatisme, est-ce que…

(Il coupe) Enfin ! Attendez, Emmanuel Macron est élu depuis 2017, on sait que ce problème existait aussi avant. Trois ans et demi perdus ! Le président est un grand naïf qui n’a pas pris la mesure de ces problèmes. Il n’est pas à l’aise sur les sujets régaliens : sécurité, justice, défense ou respect de la laïcité. Il parle de séparatisme parce qu’il a des problèmes à évoquer le communautarisme et l’islamisme.

Le président veut que la France soit en pointe sur la 5G. Vous applaudissez ?

Evidemment. La France a déjà pris du retard sur la 5G. Il faut le combler, c’est important pour l’économie, les services aux personnes, pour la santé. Mais… à quand la fin des zones blanches ? Trop de Français ne captent toujours ni la 3G ni la 4G ! Là encore, n’oublions pas les derniers de cordée…

C’est quoi, votre bilan, à la tête des Hauts-de-France ?

J’ai fait du travail la priorité : juste avant la crise, le chômage baissait deux fois plus vite que la moyenne nationale. Sur notre mandat, le seul service Proch’emploi aura directement permis le retour à l’activité de près de 20000 personnes. Nous avons redonné du pouvoir d’achat avec des aides directes : transport, garde d’enfant, chèques-vacances… en n’oubliant jamais ceux qui travaillent ! Notre fil conducteur : retrouver la fierté d’être des Hauts-de-France ! Pour cela, j’ai voulu travailler avec tous les élus locaux, sans exception.

Lors de votre élection en 2015, vous vous étiez engagé à faire reculer le Front national (FN), devenu depuis le Rassemblement national (RN)… A-t-il vraiment reculé ?

Réponse aux régionales ! J’ai voulu m’attaquer aux causes du vote pour les extrêmes. Quand les gens ont le sentiment que leurs élus les comprennent et les protègent, pourquoi continuer à voter pour l’extrême droite ? Ma responsabilité, c’est de faire reculer le FN en apportant des solutions aux problèmes des gens.

Vous excluez tout soutien de LREM pour l’emporter ?

Ils vont présenter leur liste, comme d’autres, c’est la démocratie. La liste que je conduirai sera une liste d’intérêt régional. Pas question d’être soumis au diktat des partis. Notre liste sera la même au premier et au second tour. Pas de place pour la tambouille politicienne !

L’option François Baroin semblant enterrée, à droite, beaucoup de regards se tournent vers vous pour la présidentielle. Vous acceptez d’être ce choix par défaut ?

D’abord, François Baroin n’a pas parlé, c’est à lui de dire le rôle qu’il entend jouer. Je sais une chose : je suis plus déterminé que jamais. Je suis convaincu qu’Emmanuel Macron n’est pas celui qui réussira à réconcilier les Français, ni celui qui protégera le pays. Avec lui, il y a un vrai risque de victoire des extrêmes. Je suis le représentant d’une droite sociale, populaire, capable de rassembler, et qui refusera toujours le moindre compromis avec l’extrême droite.

Qu’est-ce qui vous différencie du chef de l’Etat ? Il gouverne à droite et a même nommé un de vos proches à Matignon.

Vous voulez me dire que le président de la République est de droite ? Il ne suffit pas d’avoir été banquier d’affaires pour être de droite… Ni de prendre un Premier ministre issu de la droite… Si Emmanuel Macron était de droite, il aurait fait de la sécurité des Français une priorité, il aurait aussi lutté efficacement contre l’immigration illégale. Je suis intimement convaincu qu’il n’y a pas d’autre voie que le retour du respect de l’autorité républicaine.

Vous êtes écolo ?

En tant qu’ancien ministre de la Santé, je sais bien le lien entre santé, alimentation et environnement. Je suis pour une écologie de bon sens, qui n’humilie pas, et qui soit surtout populaire, qui ne plombe pas le pouvoir d’achat des Français. J’ai des enfants très jeunes aussi. Je vois les dégâts de la pollution, le réchauffement climatique, la disparition des espèces… et je mesure totalement la responsabilité de ma génération.

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