Près d’un tiers de la population mondiale en insécurité alimentaire, en forte hausse en 2020 – Le Monde

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Des enfants à Ankilimarovahatsy, un village situé à l’extrême sud de l’île de Madagascar où la plupart des enfants souffrent de malnutrition aiguë, le 9 novembre 2020.

Le Covid-19 a été un accélérateur des crises alimentaires. Depuis le début de la pandémie, la malnutrition a progressé, exacerbée par les mesures de restriction prises partout dans le monde pour tenter d’endiguer le SARS-CoV-2. Files d’attente interminables devant les distributions des banques alimentaires des grandes villes européennes ; paysans africains devant jeter leurs récoltes faute d’avoir pu leur faire traverser les frontières ; travailleurs du secteur informel (restauration, coursiers, saisonniers…) se retrouvant sans emploi et sans filet de sécurité dans les mégalopoles du monde entier ; enfants privés d’école et de cantine scolaire… La malnutrition qui frappe une grande partie de la population mondiale prend de multiples visages.

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Le rapport annuel sur la sécurité alimentaire, coécrit par cinq agences des Nations unies – Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), Organisation mondiale de la santé, Programme alimentaire mondial, Unicef et Fonds international de développement agricole (FIDA) – et publié lundi 12 juillet, le confirme : la pandémie a bien eu un impact massif, plongeant dans la faim 118 millions de personnes supplémentaires au cours de l’année 2020, pour un total de 720 à 811 millions de personnes sous-alimentées. L’ONU estime ainsi à 9,9 % la part de la population mondiale souffrant de faim chronique (contre 8,4 % un an plus tôt), avec de profondes disparités régionales : en Afrique, plus d’un habitant sur cinq ne mange pas à sa faim (21 %, en hausse de 3 points sur un an), tandis que 9,1 % des populations d’Amérique latine et centrale (+ 2 points en un an) et 9 % en Asie (+ 1,1 point) sont concernées.

En élargissant à la notion d’insécurité alimentaire, plus vaste, qui désigne le fait de ne pouvoir accéder de façon régulière à une alimentation adéquate (réduire les portions par exemple, ou sauter des repas), la seule année 2020 a vu une hausse comparable à celle, cumulée, des cinq années précédentes : 2,37 milliards de personnes ont souffert d’insécurité alimentaire en 2020, soit 30 % de la population mondiale, en hausse de 320 millions par rapport à 2019. Pour la première fois, celle-ci a augmenté y compris sur le continent européen (+ 1,1 % pour un total de 9,3 % de la population européenne concernée). « Face à l’impact de la pandémie de Covid-19, plusieurs pays ont pris des mesures palliatives, ce qui a permis d’éviter une situation de crise humanitaire, mais nous sommes face à une maladie qui vous ronge progressivement sans nécessairement montrer des symptômes », observe le président du FIDA, Gilbert Houngbo, dans un entretien au Monde.

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