Premiers oraux réussis pour Jean Castex avec les partenaires sociaux – Les Échos

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Publié le 9 juil. 2020 à 10h42Mis à jour le 9 juil. 2020 à 12h34

Après les grandes déclarations pour se faire connaître des Français, ponctuées de quelques visites sur le terrain , Jean Castex est rentré dans le dur ce jeudi matin. Le nouveau Premier ministre a démarré par la CFDT suivi de FO et du Medef un marathon de 14 rendez-vous sur deux jours avec les organisations syndicales ou patronales, au-delà donc des seuls partenaires sociaux représentatifs. A la sortie, un premier test de dialogue social plutôt réussi, sur la forme au moins.

« Nous avons eu une réunion très franche, très ouverte », a salué Laurent Berger, le secrétaire général de la CFDT, visiblement ravi du style « extrêmement direct » de son interlocuteur et de l’interaction des échanges. « Il a dit clairement qu’il ne voulait pas nous contourner. On jugera aux actes. On est plutôt partants », a-t-il encore déclaré, entouré de sa délégation. « Le Premier ministre, à peine nommé, a pris la peine de rencontrer tous les partenaires sociaux. Cela ne peut être que souligné », a abondé Yves Veyrier pour FO, lui aussi attentif aux décisions à venir. « Tonalité très directe, très franche, presque rugbylistique », a pour sa part confié Geoffroy Roux de Bézieux, le numéro un du Medef.

L’emploi, priorité absolue

Les échanges ont donc, comme de normal pour une première rencontre, porté avant tout sur des questions de méthode pour préparer la suite. Ce qui n’a pas empêché chaque organisation de rappeler ses priorités et ses lignes rouges, lesquelles – pour au moins les trois premières à avoir été reçues – se recoupent peu ou prou.

Pour la CFDT, c’est le thème de l’emploi, des jeunes notamment, qui passe avant tout avec la volonté affichée d’être associée à la construction du plan de relance concocté par Bruno Le Maire à Bercy. En clair, ce n’est pas le moment de relancer des concertations sur l’équilibre des régimes de retraites, ni cet été, ni à l’automne, comme le souhaite Jean Castex . Si concertation il y a, le syndicat s’y rendra – ce n’est pas son habitude de pratiquer la chaise vide – mais sans vraiment s’y investir.

Yves Veyrier à son arrivée à Matignon.

Yves Veyrier à son arrivée à Matignon.Louise MERESSE/SIPA

Même tonalité pour FO. Il y a bien un problème de financement, mais il est lié aux conséquences de la crise et doit se traiter globalement avec tous les paramètres sur la table, y compris les cotisations employeurs – « L’Etat d’esprit des employeurs est important aussi », a-t-il insisté – ou les 140 milliards d’aides publiques aux entreprises dont une partie peut être « réorientée ». Comme Laurent Berger, il estime que la priorité porte sur l’emploi sans omettre les revalorisations salariales des employés de deuxième ligne, dans les services à la personne notamment.

Tout aussi peu demandeur de discuter retraites à court terme, Geoffroy Roux de Bézieux a souligné le rebond plus fort qu’attendu de l’activité, appelant le gouvernement à « consolider ce début de reprise » dont l’emploi ne fera que profiter. « J’ai insisté auprès du Premier ministre sur le fait qu’il y a urgence à mettre en oeuvre le plan de relance le plus vite possible », a-t-il déclaré.

Grande multilatérale sans doute le 17 juillet

Le prochain rendez-vous avec le Premier ministre prendra la forme d’une grande réunion multilatérale la semaine prochaine, probablement le 17 juillet. Il y sera essentiellement question de méthode mais les calendriers de concertations qui seront sur la table diront beaucoup de ce que Jean Castex aura retenu de ses échanges.

Un point semble acquis, les mesures les plus critiquées de la réforme de l’assurance-chômage – nombre de mois pour être indemnisés et calcul de l’allocation – vont être d’une manière ou d’une autre décalées.

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