Nous sommes au moment du film où le personnage que nous pensions être le gentil pourrait s’avérer être en vérité le bandit.

Hier, Google a admis avoir subi une atteinte à la sécurité et n’avoir pris la peine de le dire à personne, car il n’était pas légalement obligé de le faire.

C’est le même Google qui promettait de ne faire aucun mal (“don’t do evil”), insistait sur le fait qu’il fallait lui faire confiance et promettait de rendre le monde meilleur.

Qu’est-il arrivé ? A-t-il été corrompu par la gloire et le pouvoir, comme cela arrive à tant d’autres grandes stars ? Ou est-il possible que la société n’ait jamais été vraiment ce qu’elle prétendait être ?

Officiellement, Google+ était un succès indéniable

Nombreux sont ceux qui s’insurgent, alors que Google tente encore une fois de se sortir de cette mauvaise publicité.

Eh bien, les mauvaises nouvelles s’accumulent. Google a récemment fait parler de lui pour avoir refusé de témoigner devant le Congrès des Etats-Unis.

Cependant, je ne peux m’empêcher de rire de l’un des aspects du billet publié hier par le vice-président de l’ingénierie de la société, Ben Smith. En annonçant que Google fermait Google+, il écrivait :

“Au fil des ans, nos équipes d’ingénierie ont déployé beaucoup d’efforts et de dévouement au développement de Google+. Toutefois, les utilisateurs et les développeurs ne l’ont pas largement adopté et les interactions des utilisateurs avec les applications ont été limitées. La version grand public de Google+ affiche aujourd’hui une utilisation et un engagement faibles : 90% des sessions utilisateur de Google+ durent moins de cinq secondes.”

En substance, Google+ était donc constamment un terrain vague. Pourtant, chaque fois que je me suis entretenu avec les responsables des relations publiques et dirigeants de Google, ils insistaient sur le fait qu’il s’agissait d’un produit en plein essor, dynamique et dont la croissance était spectaculaire.

Vous savez, comme les Google Glass.

Même en 2011, lorsque Google+ avait été lancé, il était clair qu’il peinait à attirer autre chose que quelques nerds. Google avait éprouvé le besoin de faire de couteuses publicités pour supplier les internautes de visiter le service.

Google pas toujours fort en publicité

À l’époque, le cadre responsable de Google+, Vic Gundotra, m’avait même réprimandé pour avoir laissé entendre que le produit rencontrait de sérieux problèmes. Il m’avait dit d’une manière touchante et condescendante que je m’étais trompé – oui, sur Google+. Puis il avait ajouté :

“Vous connaissez tous la vérité. La dynamique est ahurissante. Contrairement à tout ce que j’ai vu en 25 ans de développement logiciel. Voici 2012 et voici Google+. Il déboule.”

Et à présent, il s’est écroulé.

Cela ne signifie pas que Google soit particulièrement pire que toute autre entreprise de technologie.

Il s’agit simplement de soupirer et de marmonner que toutes les protestations d’une entreprise à l’égard de sa pureté progressiste et de son succès permanent pourraient n’être que du baratin de bas étage.

Bien entendu, il n’est pas rare pour une entreprise de publicité de se révéler médiocre en matière de publicité.

C’est un film que nous avons vu plusieurs fois auparavant. Après tout, une autre célèbre entreprise de publicité – Facebook – semble chaque semaine aux prises avec son image.

Article “Why it’s hard to believe anything Google says” traduit et adapté par Christophe Auffray, ZDNet.fr