Pourquoi cette voiture coûteuse et presque inutilisable va être un carton commercial

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Quand j’ai vu le dévoilement du Cybertruck de Tesla, j’ai, comme des milliers de personnes, d’abord cru à une blague, une nouvelle facétie d’Elon Musk pour nous emmener sur une fausse piste avant de révéler le vrai pick-up de la marque. J’ai donc attendu un peu la suite de la présentation, mais comme j’avais un avion à prendre je suis resté sur ma faim, et le mystère m’a intrigué pendant toute la (longue) durée du vol.

Ce n’est qu’en arrivant à destination sur mon lieu de vacances que j’ai compris que l’engin que j’avais entraperçu avant de décoller était bien The Cybertruck. Ma première réaction dut assez épidermique : qu’est-ce que c’est que cette merde ? J’ai trouvé ce truc(k) absolument immonde et je ne suis pas loin de penser encore la même chose chaque fois que je le vois, près de deux semaines plus tard. La deuxième réaction est provenue de mon épouse : « Gros succès en vue dans les clips de rap ». Je crois qu’elle n’a pas tort.

Bref, tout le monde est un peu tombé de l’armoire, et les ecchymoses n’ont pas encore complètement disparu.

Puis, le temps et le recul faisant leur effet, on réalise que Musk et Tesla viennent peut-être de réussir leur plus beau coup de poker. Car le Cybertruck arrive sur un marché très concurrentiel, notamment aux USA, celui du pick-up, complètement verrouillé par les constructeurs traditionnels, Ford en tête. Il faut savoir que la cible présumée, à savoir le Ford F150, n’est pas seulement le truck le plus vendu aux USA, mais également… la voiture la plus vendue en Amérique, toutes catégories confondues. Tout simplement.

Le Hummer du futur

Musk s’est dit que s’il voulait gagner un peu de crédibilité dans l’Amérique profonde et sortir de son image de fabricant de voitures pour bobos californiens, il devrait un jour se frotter d’une façon ou d’une autre aux rednecks du Middle West (je sais, je suis un peu cliché aujourd’hui). Un pari osé, surtout quand l’on sait que cette typologie de clientèle est par essence (haha) quelque peu réfractaire à la voiture électrique, et ce n’est rien de le dire. Cette partie de la population a été biberonnée au son du gros V8 qui consomme en gros la moitié de la production mondiale de pétrole juste pour aller descendre quelques bourbons au saloon, et pour elle l’électrique est simplement une hérésie.

Il fallait donc attaquer par un angle différent : si la propulsion électrique n’allait pas faire rêver dans les ranchs, il fallait trouver autre chose qui évoque quand même la testostérone et la puissance de l’Amérique. C’est probablement là qu’a germé l’idée : il fallait inventer le nouveau Hummer. Un truc hors normes, disproportionné, pas forcément beau, et même, soyons fous, très moche, mais qui respire la puissance tout en évoquant la modernité.

Un mix finalement très savant qui semble assez réussi. C’est pourquoi – et les chiffres de pré-commandes semblent le confirmer – je prédis un très gros succès à ce Hummer de l’ère post pétrole. Dans cette vidéo je vous explique pourquoi, et pour qui.

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