Coup de chapeau ou coup de canif ? « Macron est le meilleur président de droite qu’on ait eu depuis un certain temps », estime, dans une interview au Point.fr l’ancienne conseillère de Nicolas Sarkozy Emmanuelle Mignon.

Conseillère au ministère de l’Intérieur et à Bercy puis directrice de son cabinet à l’Elysée, Emmanuelle Mignon a travaillé avec Nicolas Sarkozy de 2002 à 2009. Elle est revenue à ses côtés en 2012 pour la primaire à droite en vue de l’élection présidentielle, et bâti son programme d’alors.

Selon elle, si Emmanuel Macron a « capté » une partie de l’électorat de droite, c’est, dit-elle, parce qu’il est « le meilleur président de droite qu’on ait eu depuis un certain temps ». Depuis combien de temps ? L’ancienne conseillère d’Etat, passée par EuropaCorp, la société de Luc Besson, et désormais membre d’un cabinet d’affaires, ne le dit pas. À ses yeux, Macron, qui se revendiquait en 2017 « ni de gauche ni de droite », a endossé les habits « de manière tout à fait spectaculaire malgré son jeune âge », et tient la barre avec « dignité ». Mais le président de la République a révélé sa solitude dans la crise des Gilets jaunes, juge-t-elle. « Emmanuel Macron a autour de lui des ministres techniciens, très compétents, mais sans assise politique, des politiques, mais qui ne sont pas des poids lourds, et enfin, des élus de droite dont on peut se demander jusqu’à quand ils seront macronistes puisqu’ils ont déjà quitté une fois leur camp… Cet aréopage est assez fragile ».

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Elle estime que les réformes engagées par l’actuel locataire de l’Elysée ne vont pas assez loin pour les électeurs de droite mais que ceux-ci sont pragmatiques : il est en poste, laissons-lui sa chance. « C’est en 2022 qu’ils feront les comptes », résume-t-elle.

Selon l’ex conseillère, la crise qui gangrène les Républicains couvait depuis longtemps et n’est donc pas due à la ligne impulsée par Laurent Wauquiez, qui subit, à ses yeux, un « hallali affligeant ». Aux Européennes, « les électeurs de la droite républicaine ont d’abord sanctionné ce qui s’est passé en 2017, avec un candidat qui, derrière son apparence de probité et d’intégrité, avait, semble-t-il, même s’il est présumé innocent, des choses à cacher », estime-t-elle, évoquant une « mascarade » sanctionnée avec un effet retard de deux ans. Mais le mandat de son ancien président est aussi en cause, ajoute-t-elle : il « n’a pas été à la hauteur des promesses faites, tant sur le plan économique que sur le régalien », dit-elle, admettant sa « part de responsabilité ».