Pour Stéphane Richard, l’idylle entre Huawei et Orange se conjuguera bientôt au passé

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Pour Stéphane Richard, l'idylle entre Huawei et Orange se conjuguera bientôt au passé

Orange et Huawei en Europe, c’est fini. Ou presque. L’opérateur historique devrait avoir de moins en moins recours aux équipements commercialisés par le constructeur chinois, alors que ce dernier fait actuellement l’objet d’une véritable guerre commerciale que lui livre l’administration Trump. Interrogé en marge de la présentation des résultats trimestriels de l’opérateur, son PDG Stéphane Richard a confirmé qu’Orange se passera bien des services du groupe chinois pour le déploiement de ses réseaux 5G en Pologne et en Belgique.

Orange, qui devrait voir son réseau 5G français équipé par Nokia et Ericsson, conservera toutefois quelques liens avec Huawei. Du moins en Espagne, en vertu d’un accord conclu il y a peu. « Il y a une partie du réseau 5G qu’on fera avec Huawei en Espagne », a indiqué le dirigeant, soulignant que ce pays avait déjà choisi ses partenaires pour le déploiement de cette nouvelle technologie.

« Dans les autres pays, je pense notamment à la Belgique et à la Pologne, on n’a pas encore pris de décision finale. Mais c’est évident qu’on sera amené à prendre en compte le contexte général, politique (et) géopolitique, que nous voyons en Europe. Et donc, en effet, il est probable que, à terme, la part des équipements Huawei en Europe va diminuer », a-t-il ajouté, selon des propos rapportés par Reuters et tenus lors d’une conférence téléphonique avec des analystes.

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L’avenir de Huawei en Europe s’écrit en pointillé

Pour rappel, la France exclura de facto Huawei de sa liste de fournisseurs d’équipements de télécommunications autorisés à compter de 2028, tandis que la Grande-Bretagne a annoncé mi-juillet qu’elle n’utiliserait plus aucun équipement de Huawei pour son réseau 5G d’ici 2027. Orange, contrôlé par l’Etat français, n’utilise pas les infrastructures de Huawei sur son réseau en France et il est l’un des opérateurs européens les moins exposés au groupe chinois, a souligné Stéphane Richard lors de la publication des résultats de l’opérateur.

Interrogé sur les conséquences éventuelles des pressions subies actuellement par le groupe chinois sur le partenariat avec Orange dans les servies d’informatique dématérialisée (cloud), Stéphane Richard a déclaré que cet accord ne conservait pas forcément de « pertinence » en Europe. « C’est clair que cette infrastructure cloud Huawei n’est aujourd’hui pas forcément celle qu’on va mettre en avant en Europe », a-t-il concédé. L’avenir s’avère de plus en plus difficile pour Huawei sur le Vieux Continent.

Reste que le constructeur peut encore se reposer sur son activité de vente de smartphones, lui qui vient de chiper la place de premier fabricant mondial au nez et à la barbe de Samsung, bien aidé en cela par la force de frappe du marché chinois. Alors qu’il a été confronté à de graves turbulences et a souffert comme tout le secteur de la crise sanitaire actuelle, le constructeur chinois a ainsi réussi le tour de force de vendre 55,8 millions de téléphones au second trimestre, soit une baisse de seulement 5 % sur un an. Dans le même temps, le champion du secteur, le sud-coréen Samsung, n’a pour sa part vendu “que” 53,7 millions de smartphones au cours du deuxième trimestre 2020, soit une chute de 30 % de ses ventes sur un an.

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