Pour Marine Le Pen, une candidature d’Eric Zemmour en 2022 « aiderait Emmanuel Macron à arriver en tête » – Le Monde

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Alors que les spéculations se multiplient sur la volonté d’Eric Zemmour de franchir le pas vers la politique active, la candidate du Rassemblement national (RN, extrême droite), Marine Le Pen, a estimé, dimanche 6 juin, qu’une candidature à l’élection présidentielle de 2022 du journaliste du Figaro et éditorialiste star de CNews risquerait d’affaiblir « le camp national » à ce scrutin.

« Je suis profondément attachée à la démocratie (…), cela ne me pose qu’une interrogation : quel est l’intérêt de cette candidature ? », a commenté Mme Le Pen lors du « Grand Jury RTL-Le Figaro-LCI ». Selon la présidente du RN, « objectivement, c’est une candidature qui peut aider Emmanuel Macron à arriver en tête à l’élection présidentielle, ce que les sondages ne lui accordent pas pour l’instant ».

Mme Le Pen a assuré s’être entretenue avec le journaliste. « Je lui dis : vous êtes un éditorialiste et un écrivain respecté et écouté. N’affaiblissez pas, même un tant soit peu, le camp national auquel vous êtes attaché », a-t-elle commenté, sans vouloir s’avancer plus avant sur la teneur de cet échange.

« La seule à pouvoir battre Emmanuel Macron »

Selon la lettre Politico, M. Zemmour se serait par ailleurs mis en quête d’un directeur de campagne. Interrogé par le très droitier média en ligne Livre noir, proche de ses idées et qui se présente comme « souverain » et « anticonformiste », le journaliste a notamment déclaré : « J’ai depuis vingt ans annoncé, prophétisé, en vain pour l’instant, en disant, “voilà ce qu’il va arriver”. J’ai longtemps pensé que cela suffisait. (…) Peut-être qu’il faut passer à l’action car la prévision, la prédiction, même la prophétie ne suffit pas. »

En intervenant « tous les soirs » sur la chaîne de télévision CNews, « je fais de plus en plus de propositions, je pense de plus en plus à comment mettre en application ce que je dis », explique l’éditorialiste. « Je réfléchis à la suite, aux mesures éventuelles qu’on pourrait prendre à partir de mon diagnostic. »

En septembre 2019, lors d’une réunion organisée par les proches de Marion Maréchal, une diatribe contre l’islam et les immigrés « colonisateurs » lui avait valu, un an plus tard, une condamnation à 10 000 euros d’amende pour injure et provocation à la haine. Quelques jours avant ce discours, il avait déjà été condamné définitivement à 3 000 euros d’amende pour des propos antimusulmans, après le rejet de son pourvoi à la Cour de cassation. Dans cette affaire, il a saisi la Cour européenne des droits de l’homme.

Le polémiste est par ailleurs visé dans la presse par plusieurs accusations d’agressions sexuelles. La direction du Figaro a récemment souligné ne pas avoir été saisie « d’éléments ou d’une situation problématique » et qu’il n’y a « pas de plainte, pas d’enquête ouverte », mais « rien d’autre que des articles de presse dont un certain nombre de précédents sont là pour nous rappeler qu’on ne saurait sans risque juridique en tirer des conséquences individuelles ».

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Le Monde avec AFP

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