Plus faible mobilisation depuis le début de la contestation, programme avorté à Paris, éclatement des revendications et des cortèges: les gilets jaunes ont connu un coup de mou samedi pour leur “acte 17”, une semaine avant leur mobilisation cruciale pour la fin du grand débat.

La mobilisation au plus bas historique

Après presque quatre mois d’existence, le mouvement refluait déjà depuis plusieurs semaines, selon les chiffres officiels, systématiquement contestés par les manifestants.

Samedi, la mobilisation a atteint un plus bas historique, avec 28.600 manifestants recensés en France par le ministère de l’Intérieur, dont 3.000 à Paris. Soit encore moins que le 29 décembre: à la veille du réveillon, “l’acte 7” avait mobilisé 32.000 manifestants. Et très loin de la fougue des débuts, lorsque 282.000 personnes avaient investi ronds-points et villes de France le 17 novembre.

Alors, véritable coup de pompe ou respiration avant la grande journée nationale du 16 mars?

“On se prépare pour samedi prochain, ça va être gros”, promet Christian, 67 ans, près des Champs-Élysées.

L’échec du sit-in parisien

“L’acte 18” du mouvement aura lieu le lendemain de la fin officielle du grand débat et espère rassembler “la France entière à Paris” pour lancer un “ultimatum” au gouvernement. Une semaine avant cette échéance déterminante, les gilets jaunes n’ont toutefois pas réussi à imposer leur tempo samedi à Paris.

Ils promettaient d’occuper le Champ de Mars tout le week-end, mais le projet a tourné court : les forces de l’ordre ont empêché toute installation près de la Tour Eiffel dès vendredi soir. A défaut, une poignée de “gilets jaunes”, dont Priscillia Ludosky, se sont rassemblés avec des militants écologistes près du monument dans la matinée .

Quant à la manifestation qui promettait de faire “converger toutes les mobilisations” dans les rues de la capitale samedi, elle a finalement provoqué une scission des manifestants.

Marche contre les violences sexistes

Au lendemain de la journée internationale des droits des femmes, un cortège emmené par des assistantes maternelles, vêtues de gilets roses, de femmes mobilisées contre les violences sexistes et arborant du violet, et de syndicats, ont fait plusieurs kilomètres dans Paris sur un parcours autorisé, avant de se disperser vers 16 heures sans incident.

Pendant ce temps, plusieurs centaines de gilets jaunes ont préféré rester massés en haut des Champs-Élysées. Un rassemblement sans incident majeur, mais qui a provoqué des tensions en fin de journée: des grenades lacrymogènes ont répondu à des jets de projectile. Sous les cris de “CRS enculés”, les forces de l’ordre ont utilisé leurs canons à eau.

En début de soirée, quelques dizaines de manifestants persistaient sur les trottoirs de l’avenue, tandis que le gros de la troupe avait quitté les lieux.