Pour la Toussaint, les catholiques de Nice prient pour leurs «trois martyrs» – Le Figaro

Spread the love
  • Yum

Nice

Dimanche, à 18 heures, la basilique Notre-Dame-de-l’Assomption, à Nice, a été rendue au culte trois jours après l’attentat qui a coûté la vie à son sacristain et à deux fidèles, sauvagement attaqués à l’arme blanche par un terroriste venu de Tunisie. Mgr André Marceau, l’évêque de Nice, qui revendiquait vendredi dans les colonnes de Nice-Matin ne pas être « Charlie », expliquant qu’« il y a des identités qu’on ne peut pas trop bafouer à la légère », a officié pour ce rite pénitentiel de réparation. Au son du glas, le prélat est entré, après tous les fidèles, dans l’édifice, pour bénir de nouveau les lieux profanés par le triple homicide.

Pour des raisons sanitaires, seules 150 personnes, dont le maire Christian Estrosi, le préfet, des ecclésiastiques et des paroissiens, ont été autorisés à assister à cette cérémonie suivie d’une messe.

Depuis le début de matinée, les catholiques s’étaient succédé dans les églises de la ville pour célébrer, en ce 1er novembre, la Toussaint. En cette belle journée d’automne, ces fidèles avaient bravé leur peur. À l’instar de Claudia, 49 ans, rassurée par l’instauration du plan Vigi­pirate et la présence de gendarmes autour des édifices religieux, fusil-mitrailleur en bandoulière. « Nous sommes le pays des droits de l’homme, il ne faut pas céder à la panique », affirme cette femme d’officier. « Tout est lié aux caricatures de Mahomet, mais ce n’est pas une raison pour ne pas les montrer », estime-t-elle.

Une communauté sous le choc

Pour Léo Pansard, un jeune homme d’origine arménienne converti au catholicisme, difficile de pardonner au terroriste, même en tant que chrétien. « Jésus nous dit toujours qu’il faut aimer ses ennemis mais je ne veux pas aimer quelqu’un qui a tué ces croyants, il faut juste prier pour que Dieu soit miséricordieux », glisse-t-il.

Beaucoup s’interrogent sur le parcours du tueur. « On pense qu’il a été guidé par quelqu’un, il ne connaissait pas la France, il arrive à la gare et directement il vient à la basilique », se demande Justine, une paroissienne de Notre-Dame membre de la chorale des immigrés.

Un portrait de Simone Barreto Silva, la Brésilienne de 44 ans assassinée jeudi à Nice. ERIC GAILLARD / REUTERS

Devant toutes ces questions et une communauté encore sous le choc, les prêtres qui ont officié ce dimanche ont tenté d’apporter des réponses. « La Toussaint est une fête pleine de joie, c’est le message que je vais faire passer, que la joie soit au moins dans nos cœurs, si elle n’est pas nos têtes après ce qui est arrivé », expliquait ainsi le père Thierry, à la paroisse du Vœu, avant l’office, au début duquel il a rendu un hommage émouvant, dans sa langue natale, à Simone, cette Brésilienne mère de trois enfants, tuée lors de l’attaque.

Un peu plus tôt, un autre prêtre a peut-être trouvé les mots justes pour parler aux chrétiens de cette horreur, en expliquant : « On ne choisit pas sa sainteté. Vincent, Simone et Nadine ne l’ont pas choisie, mais au travers de ce martyre et de cet acte barbare, le Seigneur l’a choisie. »

Leave a Reply

%d bloggers like this: