Pour éviter une deuxième vague, Boris Johnson appelle les employés de bureau à rester chez eux – Les Échos

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Publié le 22 sept. 2020 à 14:19Mis à jour le 22 sept. 2020 à 18:37

Cela fait des mois qu’il cherchait la martingale pour leur faire reprendre le chemin du bureau. Qu’importe : pour donner un coup d’arrêt à la progression galopante de l’épidémie outre-Manche, Boris Johnson a finalement décidé mardi d’appeler les employés de bureau anglais… à rester travailler depuis chez eux, potentiellement pour les six prochains mois !

Alors que le rythme de retour au travail est outre-Manche l’un des plus lents d’Europe , et que la City de Londres reste largement endormie, le mot d’ordre a de quoi surprendre. Mais nécessité fait loi. Pas de changement de consigne en revanche pour les cols bleus. « Dans les services publics clés et dans toutes les professions où le télétravail n’est pas possible, comme la construction ou le commerce, les gens doivent continuer de se rendre au travail », a indiqué ce mardi le Premier ministre à la Chambre des communes.

Des restrictions qui pourraient durer six mois

Autres mesures phares annoncées pour éviter une deuxième vague de la pandémie : les pubs, bars et restaurants d’Angleterre devront fermer leurs portes dès 22 heures à compter de jeudi. Les commandes, elles, ne pourront plus être prises au comptoir. Les masques seront désormais obligatoires dans les taxis, pour les vendeurs dans les boutiques, et les serveurs ainsi que les clients dans les restaurants, sauf évidemment pour manger et pour boire. Les mariages seront limités à 15 personnes et non plus 30 à compter de lundi. Quant aux stades, ils ne rouvriront pas comme initialement prévu début octobre.

Des amendes de 200 livres, soit deux fois plus qu’auparavant, viendront sanctionner tout manquement au port du masque ou à la règle qui interdit depuis une semaine aux Britanniques de se voir à plus de six personnes à la fois, dehors ou en intérieur, enfants compris. Les 10.000 livres d’amende annoncés ce week-end pour les personnes qui refuseraient de s’auto-isoler s’appliqueront aussi aux entreprises qui enfreindraient les règles contre le virus.

A moins de progrès sur les vaccins ou les modes de dépistage, de telles règles « pourraient rester en vigueur pendant six mois », a averti le Premier ministre. « Nous nous réservons le droit de déployer une plus grande puissance de feu, avec des restrictions encore plus sévères », a-t-il aussi prévenu, n’excluant pas d’appeler l’armée en renfort de la police.

Le risque de 200 morts par jour mi-novembre

Boris Johnson n’avait pas vraiment le choix. Pays le plus endeuillé d’Europe et le cinquième au monde, avec près de 42.000 morts, le Royaume-Uni voit le nombre de ses contaminations « doubler tous les sept jours », avait prévenu lundi Patrick Vallance, le conseiller scientifique du gouvernement.

Si l’épidémie suivait cette courbe, « on arriverait à 50.000 cas par jour mi-octobre » (contre environ 6.000 actuellement) ce qui pourrait conduire à « 200 morts par jour ou plus mi-novembre », avait-il ajouté. Au plus fort de la pandémie, le Royaume-Uni dénombrait près de 1.000 morts par jour.

Afin d’enrayer la progression du virus, le Premier ministre semblait visiblement prêt à refermer complètement les pubs et les restaurants, comme avant le 4 juillet dernier . Mais son ministre des Finances, Rishi Sunak, l’en a dissuadé pour éviter de porter un coup fatal au secteur. D’autant que le dispositif gouvernemental de chômage partiel doit s’arrêter à la fin du mois d’octobre. 

La Première ministre écossaise, Nicola Sturgeon, a elle aussi annoncé mardi après-midi l’obligation pour les pubs et restaurants écossais de fermer dès 22 heures à partir de vendredi. Mais elle a été un pas plus loin que Boris Johnson : elle a aussi interdit aux Ecossais de s’inviter les uns chez les autres à compter de ce mercredi.

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