Dans le cadre de la traditionnelle dégustation de la galette des rois à l’Élysée ce vendredi après-midi, le président de la République a insisté sur la cohésion sociale. Des propos qui ont scandalisé l’opposition accusant le président de provocation.

«L’apprentissage est au cœur de cette philosophie», a insisté le chef de l’État vendredi, à l’Élysée, devant un parterre d’artisans boulangers et de jeunes apprentis. «Par l’apprentissage, chaque jeune trouve sa place dans la société. L’apprentissage permet la transmission entre les générations. Il faut que les métiers qui sont avec nous aujourd’hui, soient pleinement célébrés dans cette période. La cohésion nationale, elle ne se ramènera pas en un jour, il faut beaucoup de détermination, d’humilité et de patience. C’est aussi un travail pour lequel chacun à sa part, je pense que cela est un moment essentiel pour la vie du pays».

«À côté des droits, il y a des devoirs»

Réagissant sur les événements actuels des «gilets jaunes» sans jamais les nommer, le chef de l’État a en outre ajouté: «Il est important que chaque citoyen apporte sa pierre à l’édifice par son travail et par son engagement au travail. Notre pays ne pourra jamais retrouver pleinement sa force et sa cohésion sans cela. C’est du temps passé. On n’apprend pas un métier du jour au lendemain, par exemple pour faire une bonne baguette, il faut dix ans. Derrière l’apprentissage, le travail c’est une source de lien social, je le dis au milieu de femmes et d’hommes qui ne comptent pas leurs heures. C’est une grande opportunité pour le pays. Notre jeunesse a besoin qu’on lui enseigne un métier. On n’a rien dans la vie s’il n’y a pas ces efforts. Beaucoup trop de nos concitoyens pensent qu’on peut obtenir sans que cet effort soit apporté. Parfois on a trop souvent oublié qu’à côté des droits de chacun dans la République – et notre République n’a rien à envier à beaucoup d’autres – il y a des devoirs», constate-t-il . «Et s’il n’y a pas ce sens de l’effort, le fait que chaque citoyen apporte sa pierre à l’édifice par son engagement au travail, notre pays ne pourra jamais pleinement recouvrer sa force, sa cohésion, ce qui fait son histoire, son présent et son avenir.»

Le discours du président à suscité l’ire de l’opposition qui n’a pas tardé à réagir en l’accusant de provocation. «Il y a la galette des rois, là c’est la boulette du roi», a estimé sur BFMTV le député Insoumis Alexis Corbière. Selon lui, Emmanuel Macron «sous-entend que les gens qui sont dans la rue, qui soutiennent les ‘gilets jaunes’, ne font pas assez d’efforts». «Défendre l’effort oui, défendre les forts non! #Présidentdesriches #méprisantdelaRépublique», a tweeté le secrétaire national du Parti communiste Fabien Roussel. Le patron des Patriotes, Florian Philippot, a lui aussi vivement dénoncé, sur Twitter, les propos du président: «Macron récidive dans l’insulte contre son peuple! Pas le sens de l’effort, ces infirmières qui triment? Ces chômeurs qui galèrent? Ces mères de famille seules? Ayons le sens de l’effort demain: ActeIX!», a-t-il exhorté en référence aux manifestations annoncées à Paris et à Bourges samedi.

Une lettre aux Français publiée lundi

Par ailleurs, avant de quitter les artisans boulangers, Emmanuel Macron s’est exprimé sur le grand débat national. «Je pense qu’on peut le faire avec méthode et transparence. Dans la lettre que je m’apprête à écrire aux Français, j’expliquerai ce que je compte en faire. Elle sera publiée le premier jour de la semaine prochaine, c’est-à-dire lundi».