L’attitude du commandant de police Didier Andrieux fait débat. Après la manifestation des gilets jaunes à Toulon, samedi 5 janvier, une vidéo d’interpellations musclées a suscité l’indignation. Dans une première séquence, le policier, décoré début janvier de la Légion d’honneur et actuellement responsable des 400 policiers en tenue de Toulon, donne plusieurs coups de poing au visage d’un homme plaqué contre un mur. Il s’attaque ensuite à un gilet jaune qu’il frappe de nouveau à coups de poings, le retenant sur le capot d’une voiture.

Des gestes “nécessaires”

Didier Andrieux se défend de ces scènes de violences, arguant que le premier homme était armé d’un tesson de bouteille, ce qui aurait justifié sa riposte. Pour le second, le commandant assure qu’il s’agissait “de l’interpellation d’un homme qui se rebellait”.

“Ces opérations étaient nécessaires, les gestes étaient nécessités, mesurés et proportionnés. La personne qui reçoit des coups au visage de la part du commandant Andrieux est armée. On a quelque chose qui est à l’opposé d’une scène de violences policières”, renchérit son avocat, Me Christophe Bass, sur notre antenne.

Bien loin des violences policières, Didier Andrieux serait en fait une victime, avance son avocat. Sur une nouvelle vidéo présentée par Christophe Bass, le commandant de police se fait bousculer par des gilets jaunes, jusqu’à tomber au sol. “Il se fait lyncher avec une violence inouïe. Il reçoit des coups de pied, de poing à tel point que son casque sera cassé dans la violence. On le voit se relever, sonné”, relate l’avocat.

Mis en cause par ses collègues

Une défense qui n’efface pas les violences qui semblent avoir suivi. Séverine Charpentier, ambulancière, affirme à BFMTV avoir été victime du commandant Andrieux. Alors qu’elle protestait contre une intervention “trop musclée” réalisée par d’autres policiers, Didier Andrieux est intervenu, selon ses dires. “Il y a eu un moment de colère et d’hésitation et finalement il m’a donné un coup de tête. Je suis restée figée, choquée, en pleurs”. Le préfet du Var a saisi dimanche soir l’IGPN pour comprendre le comportement de ce policier.

Selon Le Parisien, Didier Andrieux se serait déjà fait remarquer par son attitude, cette fois-ci auprès de ses collègues. En 2007, certains d’entre eux ont adressé une lettre à leur hiérarchie pour dénoncer les “troubles de comportement” de leur chef.

“Il avait des troubles du comportement qui étaient caractérisés, confirme à BFMTV Gérald Rivière, un ancien adjoint de Didier Andrieux au Groupe d’intervention de la police nationale (GIPN) de Marseille. Les opérations devenaient mal gérées, dangereuses.” 

L’enquête de l’IGPN permettra de faire la lumière sur le comportement du commandant Didier Andrieux, qui doit prendre sa retraite cet été.