Polémique sur l’« islamo-gauchisme » : la ministre de l’enseignement supérieur recadrée par l’exécutif et les chercheurs – Le Monde

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La ministre de l’enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation, Frédérique Vidal, s’exprime lors d’une séance de questions au gouvernement à l’Assemblée nationale, le 19 janvier.

L’Elysée a tenté de couper court, mercredi 17 février, à la polémique ouverte par la ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche, Frédérique Vidal, qui a mandaté le CNRS pour mener une « étude scientifique » sur l’« islamo-gauchisme » dans les universités. Cette sortie avait d’abord suscité la « stupeur » de la Conférence des présidents d’université. Mardi, ces derniers avaient dénoncé dans un communiqué les « représentations caricaturales » et « arguties de café du commerce » de Mme Vidal. Mercredi, le CNRS lui-même a adopté un ton critique en condamnant « les tentatives de délégitimation de différents champs de la recherche ».

A l’issue du conseil des ministres, le porte-parole du gouvernement, Gabriel Attal, a donc rappelé l’« attachement absolu à l’indépendance des enseignants-chercheurs » porté par Emmanuel Macron. « Cette conception est partagée par l’ensemble des membres du gouvernement et continuera à être défendue », a-t-il insisté. L’heure est au recadrage alors que « la priorité pour le gouvernement est évidemment la situation des étudiants dans la crise sanitaire », selon M. Attal. Pas question d’ouvrir un front avec le monde universitaire en pleine pandémie de Covid-19, et encore moins avec la jeunesse, à un peu plus d’un an de l’élection présidentielle de 2022.

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Au sommet de l’Etat, on l’assure : ni le président de la République ni le premier ministre n’étaient informés de l’initiative de la ministre. Invitée de CNews, dimanche 14 février, Frédérique Vidal avait annoncé son intention de confier au CNRS une enquête visant à distinguer « ce qui relève de la recherche académique et ce qui relève du militantisme et de l’opinion ». « Sa sortie était inopportune », tranche un conseiller de l’exécutif. « Elle a eu envie de faire un coup, qui s’avère mal calibré, et de sortir du malaise étudiant dans lequel elle est empêtrée », analyse un macroniste, selon qui l’ancienne présidente de l’université Nice-Sophia Antipolis, novice sur la scène politique, a voulu « montrer qu’elle sait faire de la poloche [de la politique politicienne] ».

Exaspération à son comble

Si Emmanuel Macron prend ses distances, la ministre a pourtant trouvé du soutien du côté de l’aile droite du gouvernement. « Mme Vidal est courageuse, et elle a raison, a ainsi salué le ministre de l’intérieur, Gérald Darmanin, mercredi 17 février, sur France 5. Je connais des chercheurs avec lesquels on a travaillé [sur le projet de loi confortant les principes de la République, dite loi « séparatisme »], Bernard Rougier ou Gilles Kepel par exemple, qui expliquent très bien comme l’université française parfois les considère comme pas bienvenus, et sont parfois obligés de s’expatrier et de trouver des financements publics ou privés pour faire leurs études. (…) Dans certains endroits, dans certaines facultés, il existe cette incursion [de l’“islamo-gauchisme”]. »

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