Ces derniers jours, plusieurs noms de l’industrie du jeu vidéo ont été accusés d’agressions sexuelles. Beaucoup des faits qui leurs sont reprochés sont anciens, et remontent parfois à plus de dix ans. Mais tous les témoignages pointent dans la même direction : un environnement toxique pour les développeuses. L’affaire a émergé suite à un post sur le blog de l’artiste Nathalie Lawhead : “Calling out my rapist”. Dans ce billet, elle accuse Jeremy Soule, compositeur sur des titres légendaires comme Star Wars : Knights of the Old Republic ou Elder Scrolls, de l’avoir violée lorsqu’ils travaillaient ensemble en 2008.

Après cette expérience, j’étais physiquement et émotionnellement brisée. Ça m’a demandé beaucoup de courage pour rejouer aux jeux vidéo. Le simple fait d’entendre ces deux mots me rendait malade. Je pensais que toute l’industrie du jeu vidéo était comme ça, et je ne supportais pas d’imaginer toutes ces femmes qui pouvaient avoir enduré la même chose. Je croyais que c’était la norme.

Selon elle, Soule aurait abusé de son influence en sachant qu’elle était dans une situation précaire à l’époque, loin de chez elle, sans ressources, et ayant besoin de cet emploi pour de multiples raisons. « Ma version de l’histoire n’a jamais eu sa chance. Je souhaite essayer. Je partage cela avec l’espoir d’informer d’autres femmes. »  indique t-elle dans son post.

Une réaction immédiate

Suite au post de Lawhead, les réactions attendues ne se sont pas fait attendre. Zoe Quinn, cible de la controverse du Gamergate en 2014, n’a pas tardé à lui emboîter le pas. Sur Twitter, elle a accusé le développeur Alec Holowka d’abus sexuels

Une démarche inspirée par celle de Lawhead, qui l’a “secouée” selon ses dires. Depuis, le fil Twitter de Zoe Quinn est assailli de témoignages de jeunes femmes rapportant avoir subi des abus semblables dans l’univers de la tech et du jeu vidéo. En 2018, Keza McDonald écrivait dans le Guardian que l’industrie du jeu vidéo n’était “ pas prête pour son moment #MeToo. Cette nouvelle affaire, d’envergure cette fois, semble avoir attiré une attention considérable. Assez pour en faire ce fameux “#MeToo” du jeu vidéo? Difficile à dire, mais on ne peut que se réjouir que de tels témoignages – aussi difficiles à lire soient-ils – émergent aux yeux du grand public, pour que le problème bénéficie de toute l’attention qu’il mérite.