Plus de deux ans après son acquittement, Georges Tron condamné en appel à de la prison ferme pour viol et agressions sexuelles en réunion – Le Monde

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Georges Tron à la cour d’assises de Paris, le 17 février.

Lorsqu’il est revenu s’asseoir dans le prétoire de la cour d’assises d’appel de Paris, mercredi 17 février vers 21 h 30, Georges Tron avait deviné le sort qui l’attendait. La durée exceptionnellement longue du délibéré, onze heures, alors qu’il en avait fallu deux pour l’acquitter en novembre 2018, les visages blêmes de ses avocats, Mes Solange Doumic et Antoine Vey, qui l’avaient déjà défendu en première instance aux côtés d’Eric Dupond-Moretti, la présence renforcée de gendarmes au fond de la salle, tout augurait d’une décision de condamnation assortie d’une arrestation à l’audience.

La cour et les jurés ont déclaré le maire (Les Républicains, LR) de Draveil (Essonne) coupable de viol et d’agressions sexuelles en réunion commis en novembre 2009 et janvier 2010 sur une ancienne employée de la municipalité, Virginie Ettel, et l’ont condamné à cinq ans de prison, dont trois ferme, assortis d’une peine d’inéligibilité de six ans.

Sa coaccusée, Brigitte Gruel, ex-adjointe à la culture de la ville, a été reconnue coupable de complicité de ce viol et d’agressions sexuelles et condamnée à deux ans avec sursis. L’un et l’autre ont été acquittés des mêmes faits dénoncés par la deuxième plaignante, Eva Loubrieu. Les deux condamnés sont inscrits au fichier des délinquants sexuels.

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La cour d’assises d’appel présidée par Frédérique Aline a donc infirmé le verdict d’acquittement rendu en novembre 2018 par la cour d’assises de Seine-Saint-Denis à Bobigny. En première instance, et face aux dénégations des accusés tant sur les faits qui leur étaient reprochés que sur l’existence même d’une relation intime entre eux, le débat s’était polarisé sur la crédibilité des plaignantes, fortement mise en cause par la défense, et des scènes sexuelles qu’elles rapportaient. Celle-ci avait été partiellement reconnue dans la motivation de l’arrêt de la cour d’assises de Bobigny, qui soulignait que Georges Tron et Brigitte Gruel « avaient bien participé à des ébats sexuels en présence de tiers dans un climat général hypersexualisé » à la mairie de Draveil. La cour avait toutefois estimé que « la preuve de la contrainte [à l’égard des plaignantes] n’avait pas été rapportée ».

« Défaut de consentement »

Deux années ont passé, l’avocat de Georges Tron est devenu ministre de la justice, les accusés ont maintenu leurs dénégations mais le regard sur le consentement a incontestablement changé. « Est-ce pour cette question que la défense a récusé cinq femmes jeunes et que les femmes dans le jury doivent leur salut au fait qu’elle avait épuisé son droit à récusation ? », s’était interrogée Me Laure Heinich, l’avocate de Virginie Ettel.

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