Plan de relance européen : Emmanuel Macron se dit « confiant mais prudent » quant à la possibilité d’un accord – Le Monde

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La chancelière allemande, Angela Merkel, le président français, Emmanuel Macron, et le président du Conseil, Charles Michel,  vendredi 17 juillet, à Bruxelles.

Pour la première fois depuis février, les dirigeants des vingt-sept pays de l’Union européenne (UE) se retrouvent en chair et en os, vendredi 17 juillet, à Bruxelles pour un sommet sous haute tension. Objectif : réussir à s’entendre sur un plan de relance, pourtant loin de faire l’unanimité malgré la récession historique qui menace.

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« C’est un moment de vérité et d’ambition pour l’Europe », a affirmé Emmanuel Macron en arrivant à ce Conseil européen extraordinaire. Le président de la République s’est dit « confiant mais prudent » quant à la possibilité d’un accord pour soutenir l’économie européenne, durement touchée par la pandémie de Covid-19.

Angela Merkel a dit s’attendre à « de très difficiles négociations ». La chancelière allemande, dont le pays occupe la présidence tournante de l’Union depuis le 1er juillet, sera à la manœuvre pour convaincre les autres chefs d’Etat et de gouvernement de l’urgence d’adopter le plan d’aide massif de 750 milliards d’euros – dont 500 milliards de subventions qui ne seront pas remboursées par les Etats bénéficiaires.

Dette commune

Face à la crise, Angela Merkel a brisé un tabou, en acceptant que des fonds soient empruntés à grande échelle au nom de l’Europe, créant une dette commune. « La présidence tournante n’a pas de rôle formel », mais « le poids personnel de Merkel et celui de son pays rendent la situation particulière », reconnaît un diplomate européen.

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Le plan de l’UE s’inspire d’une initiative franco-allemande proposant des aides de 500 milliards d’euros pour les pays les plus touchés par le virus.

La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a estimé à son arrivée à Bruxelles que « tous les éléments requis sont sur la table » et qu’une solution est « possible ». « Le monde entier nous regarde pour savoir si l’Europe est capable d’affronter les choses de manière unie et de surmonter avec force cette crise liée au coronavirus », a-t-elle dit.

De son côté, le président du Conseil et médiateur en chef de cette réunion, Charles Michel, s’est lui aussi montré optimiste : « Je suis totalement convaincu qu’avec du courage politique il est possible d’obtenir un accord », a affirmé le Belge.

Le premier ministre néerlandais, Mark Rutte, a quelque peu douché son enthousiasme, estimant les chances d’un succès « à moins de 50 % ».

Des aides conditionnées à de solides réformes

Depuis le départ des Britanniques, le Néerlandais fait figure de porte-parole des Etats dits « frugaux » (Pays-Bas, Autriche, Danemark, Suède et, dans une moindre mesure, Finlande). S’ils ne contestent pas le principe d’une relance, ils ont soulevé de multiples objections concernant les modalités du plan de soutien. Mark Rutte sera donc l’homme à convaincre, et plusieurs dirigeants ont fait le voyage à La Haye au cours des derniers jours.

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Chaque pays ayant un droit de veto, les négociations s’annoncent longues et difficiles, et ce sommet extraordinaire pourrait ne pas être le dernier.

A Bruxelles, Mark Rutte a réaffirmé ses positions : « Solidarité, oui (…). Mais dans le même temps, on peut aussi demander à ces pays (du sud de l’Europe, Italie et Espagne en tête) de faire tout ce qui est possible pour qu’ils résolvent (leurs problèmes) par eux-mêmes la prochaine fois. Et cela, vous le faites par des réformes du marché du travail, du système de retraite », a lancé le premier ministre néerlandais.

Les « frugaux » sont partisans d’une réduction des subventions, leur préférant les prêts remboursables. En outre, ils réclament pour tout argent versé de solides réformes de la part des bénéficiaires. Des exigences qui font bondir les pays du Sud, inquiets de se retrouver dans l’obligation de se soumettre à un programme imposé par d’autres, comme cela avait été le cas pour la Grèce au plus fort de la crise de la zone euro.

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Pour mieux contrôler ces pays, jugés laxistes sur le plan budgétaire, Mark Rutte souhaite que leurs plans de réformes soient validés à l’unanimité des Vingt-Sept (et non à la majorité qualifiée, comme le propose Charles Michel).

De leur côté, les pays du Sud ont une carte à jouer pour infléchir la décision des pays du Nord : celle des rabais dont bénéficient les « frugaux » et l’Allemagne. La suppression de ces rabais, qui permet aux Etats de réduire leur contribution au budget européen, est réclamée par une vingtaine de pays, dont la France, l’Italie et l’Espagne.

Une autre question épineuse devrait compliquer les discussions : le lien entre le versement d’argent et le respect de l’Etat de droit, pour la première fois inscrit dans un budget. Il suscite une levée de boucliers en Pologne comme en Hongrie, et Budapest agite la menace d’un veto sur un plan qui doit être adopté à l’unanimité.

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Le Monde avec AFP

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