Si l’on y réfléchit, la théorie de Darwin ne se limite pas aux êtres humains : les produits doivent évoluer pour survivre, la sélection naturelle se chargera de faire disparaître les moins créatifs. Les tablettes rentrent dans ce cas de figure et Google l’a bien compris, c’est pourquoi il compte donner un petit coup de pouce à leur évolution. 
“Les espèces qui survivent ne sont pas les espèces les plus fortes, ni les plus intelligentes, mais celles qui s’adaptent le mieux au changement”, remarquait Charles Darwin. Si la paternité de cette phrase est parfois discutée, elle n’en demeure pas moins explicite et son auteur n’aurait peut-être pas pensé qu’un produit de consommation puisse être associé avec les espèces auxquelles il fait allusion. Oui, comme beaucoup d’autres produits encore, un appareil technologie doit évoluer s’il ne veut pas disparaître.

La tablette n’a pas vraiment évolué ces dernières années. Certes, le matériel placé dedans est plus puissant, certaines technologies plus ou moins utiles y ont été introduites, mais au final ses domaines d’application restent les mêmes. Dans l’univers merveilleux de la technologie ou le temps se vit en accéléré, il est d’autant plus important d’évoluer vite et, si l’on ne peut pas parler d’extinction, nous pouvons voir quelques signes : de moins en moins de fabricants commercialisent des tablettes. Pourquoi ? La demande n’est plus aussi forte qu’elle l’était. Si nous, humains modernes, vivons dans une ère d’interconnexion et de communication où le smartphone trouve tout son sens, la tablette, elle, cherche sa voie.

La tablette n’a pas vraiment évolué ces dernières années

La tablette classique, futur Néandertal technologique, pourrait donc bien disparaître et laisser place à l’Homo Habilis qui, pour Google, serait la Pixel Slate. 

Un système d’exploitation très souple

J’ai toujours vu la philosophie de Google de manière très manichéenne : d’une part je le trouve diabolique danns ses manières de procéder, son business model et parfois dans sa manière d’aborder les choses et prendre des décisions, d’autres part je suis admiratif face à l’ouverture qu’il peut montrer pour certains aspects et pour les efforts (probablement non-désintéressés) qu’il fait dans de nombreux domaines. Je suis donc divisé avec l’idée d’avoir sur cette tablette un système qui nous plonge dans le gouffre abyssal de l’exploitation des données mais qui nous permet de profiter de tellement d’avantages.

La Pixel Slate utilise Chrome OS, le système que nous connaissons des Chromebook. Google ferait l’impasse sur Android sur son propre appareil mobile ? Pas totalement puisqu’à l’instar des Chromebook elle sera entièrement compatible avec les applications Android. Si vous avez encore besoin d’être convaincus, sachez qu’elle est en mesure de faire tourner les applications Linux également. Vous pourrez donc utiliser votre tablette pour faire à peu près tout ce qu’il est possible de faire : le logiciel et le matériel le permettent. Vous pourrez bien entendu utiliser Google Assistant afin d’exploiter le potentiel de Google.

Adaptation, transformation

La première tablette de Google, la Pixel C, proposait déjà un système de transformation en ordinateur portable. Il suffit d’attacher la tablette au clavier compatible et le tour est joué : votre Pixel C devenait un netbook. Google reproduit cette expérience avec la Pixel Slate afin de proposer une expérience tout-en-un. L’idée n’est pas nouvelle et a été reprise chez la concurrence (notamment chez les tablettes de Samsung) sans vraiment convaincre, donc pourquoi cette tablette serait-elle plus convaincante ?

C’est une question difficile à répondre sans avoir testé l’appareil. Il est évident que les utilisateurs nomades, étudiants et autres du genre peuvent y trouver leur compte, mais pour préférer ce produit au nouvel ordinateur portable de la marque, le Pixelbook 2, ou à tout autre ordinateur portable, il faut de sévères arguments. A vous de nous dire en commentaire si cet aspect vous motiverait à l’acheter, en ce qui me concerne je trouve intéressant de pouvoir transformer un outil de travail simplement en enlevant le clavier, mais ceci est purement subjectif.

Du travail au multimédia : une tablette pour tout le monde

Comment définir cette tablette ? “Une tablette qui est un téléphone et qui prétend être un ordinateur”, a dit Google. C’est beaucoup de choses, mais en pratique l’appareil est présenté comme parfaitement adapté aux employés tech : du montage vidéo à la rédaction d’article en passant par toutes les applications bureautiques possibles. A cela s’ajoutent tous les fans de multimédia puisque l’écran est (a priori) excellent, et même l’appareil photo et les deux haut-parleurs sont mis en avant par Google. Bien entendu, avec sa compatibilité avec Android vous pouvez sans problème contrôler vos appareils connectés (si vous en avez). En d’autres termes, tout type d’utilisateur peut y trouver son compte. 

Une évolution appréciable

Choisir Chrome OS comme système d’exploitation est une excellente idée. Cela, associé au matériel haut de gamme, devrait permettre à l’utilisateur de faire à peu près tout ce qu’il désire sur l’appareil. En journée, il peut y ajouter le clavier (qui est malheureusement très cher mais c’est guère surprenant de la part de Google) pour travailler, et dans son temps libre il peut l’utiliser comme outil multimédia en simple tablette. Quel que soit votre usage, la tablette devrait répondre à vos besoins. 

J’aimerais effectuer un test de l’appareil afin de me faire une idée plus précise du potentiel mais, à première vue, il serait en mesure de remplacer mon ordinateur portable et ma tablette. Son autonomie et sa durée de vie doivent être soigneusement analysés, ainsi que le confort lors de l’utilisation du clavier. 

J’espère que ce petit pas pour les tablettes Google seront un grand pas pour les tablettes, que cela donnera des idées aux fabricants et qu’ils sauront proposer davantage de nouveautés. Avec Chrome OS, cette Pixel C modernisée propose aujourd’hui un avantage intéressant et si on ne peut pas parler de changement vraiment révolutionnaires, nous ne pouvons qu’espérer que cela redynamisera un petit peu le marché des tablettes et donnera des idées aux fabricants (notamment à Apple) qui semblent ne pas avoir de département R&D pour les tablettes.

Que pensez-vous de la Pixel Slate ?