Pfizer annonce que son candidat-vaccin contre le Covid-19 est « efficace à 90 % », les Bourses s’envolent – Le Monde

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Parmi les quatre grandes catégories de vaccins développés contre le Covid-19, celle utilisée par Pfizer n’avait encore jamais fait ses preuves.

La nouvelle suscite un espoir mondial face au virus. Le groupe pharmaceutique américain Pfizer a annoncé, lundi 9 novembre, que son candidat-vaccin était efficace « à 90 % » contre le Covid-19.

Selon l’essai à grande échelle de phase 3 en cours, dernière étape avant une demande d’homologation, le vaccin développé par les laboratoires Pfizer (Etats-Unis) et BioNTech (Allemagne) est « efficace à 90 % », ont-ils annoncé lundi. La protection des patients a été obtenue sept jours après la deuxième des deux doses et vingt-huit jours après la première, selon les résultats préliminaires.

« Plus de huit mois après le début de la pire pandémie en plus d’un siècle, nous pensons que cette étape représente un pas en avant significatif pour le monde dans notre bataille contre le Covid-19 », a déclaré le président-directeur général de Pfizer, Albert Bourla.

Après cette annonce, le président américain Donald Trump a salué une « excellente nouvelle ». Le président élu Joe Biden, qui est en train de mettre en place une cellule de crise pour tenter de juguler la pandémie dans son pays, a dit y voir un signe d’« espoir », tout en prévenant que la « bataille » était encore loin d’être gagnée.

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  • Une technologie nouvelle, dite de « l’ARN messager »

Parmi les quatre grandes catégories de vaccins développés contre le Covid-19, celle utilisée par Pfizer n’avait encore jamais fait ses preuves. Elle se fonde sur une technologie nouvelle, dite de « l’ARN messager ».

Tous les vaccins ont le même but : entraîner notre système immunitaire à reconnaître le coronavirus, lui faire monter ses défenses de façon préventive, afin de neutraliser le vrai virus s’il venait à nous infecter. Des vaccins conventionnels peuvent être faits de virus inactivés (polio, grippe), atténués (rougeole, fièvre jaune), ou tout simplement de protéines appelées « antigènes » (hépatite B).

Mais dans le cas de Pfizer et de son partenaire allemand BioNTech, ou de Moderna, qui utilise la même technique mais n’a pas encore annoncé de résultats, on injecte dans l’organisme des brins d’instructions génétiques appelées « ARN messager », c’est-à-dire la molécule qui dit à nos cellules ce qu’il faut fabriquer. Toute cellule est une mini-usine de protéines, selon les instructions génétiques contenues dans son noyau.

L’ARN messager du vaccin s’insère et prend le contrôle de cette machinerie pour faire fabriquer un antigène spécifique du coronavirus : la « spicule » du coronavirus, sa pointe si reconnaissable qui se trouve à sa surface et lui permet de s’attacher aux cellules humaines pour les pénétrer. Cette pointe, inoffensive en elle-même, sera ensuite détectée par le système immunitaire qui va produire des anticorps, et ces anticorps vont rester, montant la garde pendant, on l’espère, une longue durée.

L’avantage est qu’avec cette méthode il est inutile de cultiver un pathogène en laboratoire, c’est l’organisme qui fait le travail. C’est pour cette raison que ces vaccins sont plus rapides à mettre au point. L’inconvénient de ces derniers : ils doivent être stockés à très basse température. Le gouvernement américain met depuis plusieurs mois en place la logistique nécessaire. A l’heure actuelle, aucun vaccin à ARN n’a été approuvé pour l’homme.

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  • Envolée des Bourses

Electrisée par l’annonce d’un vaccin efficace, Wall Street a ouvert en trombe lundi, sur la voie de nouveaux records. En milieu d’après-midi, le Dow Jones Industrial Average grimpait de 4,37 %. Le Nasdaq, à forte coloration technologique, prenait 0,89 %, quand l’indice S&P 500 gagnait 3,72 %. De son côté, le titre de Pfizer s’envolait (+ 8,86 %), tandis que les actions des groupes pharmaceutiques suivaient la cadence : + 4 % pour Merck, + 3,80 % pour Johnson and Johnson.

Les Bourses européennes s’envolaient elles aussi en début d’après-midi. La Bourse de Paris prenait 5,46 %, Francfort 5,56 %, Londres 5,05 % et Milan 5,48 %. Dans leur ensemble, les places européennes connaissaient leur meilleure performance sur une séance depuis six mois.

Un traitement efficace contre le Covid-19 est très attendu par les marchés, car sa diffusion permettrait de limiter les conséquences économiques liées aux restrictions pour freiner la propagation du virus.

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  • D’autres vaccins à l’essai

Aucun vaccin n’a encore reçu d’approbation pour une distribution commerciale à grande échelle. Mais les autorités chinoises ont donné leur feu vert à une utilisation d’urgence pour certains de ces vaccins.

Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), dix essais cliniques de vaccins sont actuellement en phase 3 dans le monde, dont ceux de la biotech américaine Moderna, de plusieurs laboratoires étatiques chinois et du britannique AstraZeneca, en collaboration avec l’université d’Oxford. Pfizer et BioNTech sont les premiers à rendre publics des résultats intermédiaires de ces essais.

En Russie, une grande partie de l’élite politique a dit s’être fait vacciner par le vaccin Spoutnik V, que le gouvernement espère déployer massivement dans les prochains mois. Fin octobre, le pays a soumis à l’OMS une demande de préqualification de ce vaccin, « enregistré » par les autorités début août, ce qui correspond en Russie à l’étape préalable à la phase finale des essais cliniques. Un deuxième vaccin russe a été enregistré mi-octobre.

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Le Monde avec AFP

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