Penelopegate : François Fillon a-t-il été convaincant ? – Ouest-France

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Lors de l’émission de France 2, ce jeudi 30 janvier 2020, François Fillon s’est défendu des accusations de détournement de fonds publics, a certifié que le travail de son épouse à ses côtés avait été réel. Mais les enquêteurs et juges d’instruction ont, eux, un autre avis.

François Fillon a été interviewé par Léa Salamé et Thomas Sotto. | AFP, MARTIN BUREAU.

  • François Fillon a été interviewé par Léa Salamé et Thomas Sotto.
    François Fillon a été interviewé par Léa Salamé et Thomas Sotto. | AFP, MARTIN BUREAU.

L’emploi de Penelope Fillon, en tant que collaboratrice de François Fillon et Marc Joulaud (alors qu’ils étaient députés), a-t-il été réel ou fictif ?  Vous imaginez un instant que j’aurai pu mentir à tous les Français… Penelope a été ma principale et première collaboratrice. Dès le début de ma carrière, nous avons travaillé ensemble , a-t-il insisté, ce jeudi 30 janvier 2020 sur France 2, lors de l’émission Vous avez la parole sur France 2 .

L’ex-Premier ministre de Nicolas Sarkozy a reconnu que sa femme n’avait jamais travaillé à l’Assemblée nationale où elle ne possédait pas de badge pour y avoir accès. « C’était ma collaboratrice sur le terrain, répète François Fillon. Elle a été ma collaboratrice du quotidien. Elle gérait mon agenda local, corrigeait mes discours. Mais surtout elle était le lien entre le terrain et le parlementaire [lui-même] qui était devenu de plus en plus Parisien par mes activités. »

Penelope Fillon a travaillé de manière occasionnelle avec son époux, entre 1981 et 1985. Puis de manière permanente de 1986 à 1990, de 1998 à 2007, puis en 2012 et 2013.

Rôle « accessoire » de Penelope Fillon ?

Mais, les juges d’instruction qui ont renvoyé François Fillon, Marc Joulaud et sa femme devant le tribunal correctionnel (du 24 février au 11 mars), notamment pour détournement de fonds publics, ont eux été peu convaincus par les arguments de l’ex-Premier ministre.

Pour assurer une multitude de fonctions  sur le terrain , à savoir dans la Sarthe, les juges notent que François Fillon disposait de plusieurs autres collaborateurs : une secrétaire et quatre autres personnes qui s’occupaient des affaires locales du député.  Dans ces conditions, le rôle de Penelope Fillon ne pouvait être qu’accessoire et c’est ce qu’a confirmé l’enquête , notent les juges.

Quelle était la rémunération de Penelope Fillon ?

Lors de l’émission, François Fillon a précisé qu’au cours de toutes ces années, son épouse avait perçu une rémunération moyenne de 3 000 € par mois.  Parfois plus, parfois moins. Tout dépendait de la composition de mon équipe , a-t-il indiqué. En précisant que Penelope Fillon était « la plus qualifiée de tous ses collaborateurs […] Ses qualifications et diplômes valaient cette rémunération. »

Selon les enquêteurs, c’est, semble-t-il, lorsque Penelope Fillon a travaillé pour Marc Joulaud, de 2002 à 2007, qu’elle a été le plus rémunérée : environ 5 200 € net par mois. Au total, durant toutes ces années, la femme de François Fillon a perçu, selon les calculs des enquêteurs, un peu plus d’un million d’euros.

François Fillon s’en est-il pris aux juges ?

L’ex-candidat LR à l’élection présidentielle 2017 a pris soin de faire un distinguo entre, d’un côté, les juges qui ont mené l’instruction (l’enquête) qu’il a appelés « les autorités d’instruction » ; et de l’autre côté, les magistrats qui seront amenés à le juger à partir du 24 février. Concernant ces derniers, le prévenu a évoqué des  juges impartiaux  devant lesquels il aura à cœur de s’expliquer.  Je crois en la justice de mon pays , a-t-il mentionné.

Concernant les premiers juges, il a dénoncé  une procédure à charge, d’exception . Les juges instructeurs  ont refusé d’étudier les témoignages – douze – et les documents apportés. Ils ne les ont même pas lus avant ma mise en examen , a indiqué François Fillon. Les juges concèdent effectivement que François Fillon a livré de nombreux documents : agendas, lettres, courriels…

« Ces documents ne démontraient rien »

Mais ils ajoutent : « Destinés à faire masse, ces documents ne démontraient rien, ou confirmaient l’abus de langage consistant à qualifier de travail de collaborateur parlementaire la plus anodine de ses activités ».

Par exemple, des textes brefs rédigés à l’occasion de remise de médailles ou de funérailles que Penelope Fillon n’aurait pas rédigés, mais  enrichi en y apportant certains faits, dates et informations familiales .

En revanche, les enquêteurs n’ont trouvé aucune trace de mémos, fiches, discours rédigés par Penelope Fillon. Ces juges  n’ont aucune idée de ce qu’est la vie politique , a commenté ce jeudi soir François Fillon.

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