Pékin menace de nationaliser Alibaba et veut museler ses champions du numérique

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Pékin menace de nationaliser Alibaba et veut museler ses champions du numérique

La justice chinoise entend bien sévir contre les monopoles et la concurrence déloyale sur le front du numérique. Cette inflexion fait suite à un changement de ton des autorités centrales face à leurs géants du numérique, taxés pour certains d’entre eux de vouloir prendre trop d’indépendance vis-à-vis de la ligne de Pékin. En conséquence, la Cour suprême de Chine, la plus haute juridiction chinoise, a engagé un travail de fond pour réglementer la collecte et l’utilisation des données et vérifier si ces géants se livrent ou non à des pratiques monopolistiques.

Cette enquête intervient alors que l’organisme de surveillance antitrust de la Chine poursuit son enquête sur le géant technologique Alibaba Group sur de prétendues pratiques anticoncurrentielles. Le régulateur chinois affirme qu’Alibaba a été impliqué dans un comportement monopolistique comme « l’exclusivité forcée », en exigeant des commerçants en ligne qu’ils ne choisissent qu’une seule plateforme comme canal de distribution exclusif. Dans une déclaration, Alibaba affirme qu’elle « coopérera activement avec les régulateurs dans le cadre de l’enquête », ajoutant que « les opérations commerciales de la société resteront normales ».

Alors que l’enquête se poursuit, le gouvernement chinois envisagerait de nationaliser le groupe Alibaba et la branche de services financiers de la société, Ant Group. « Sur la base des informations reçues ces derniers jours par l’Administration d’Etat pour la régulation du marché, l’administration va enquêter sur Alibaba… pour des activités monopolistiques présumées », indique le gouvernement chinois. Ant Group, le propriétaire d’Alipay, a également été convoqué par la banque centrale chinoise pour rencontrer les régulateurs financiers afin de discuter de la conformité réglementaire de la société, fait savoir le South China Morning Post.

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Menace sérieuse pour Alibaba

« Ant Group a reçu un avis de réunion des régulateurs. Nous étudierons sérieusement et respecterons strictement toutes les exigences réglementaires et nous nous engagerons à faire tous les efforts nécessaires pour accomplir tous les travaux connexes », assure Ant Group dans un communiqué. La répression des opérations du groupe Alibaba par les régulateurs chinois fait suite à un discours sans langue de bois du fondateur Jack Ma, prononcé lors du sommet du Bund à Shanghai en octobre, durant lequel ce dernier critiquait la réglementation excessive du pays et la domination de l’Etat sur le système bancaire.

Et de poursuivre en dénonçant la mentalité de « prêteur sur gages » qui règne aujourd’hui dans le secteur financier. « Nous devons nous appuyer sur le développement des systèmes de crédit. J’ai constaté que la mentalité de prêteur sur gages est un problème sérieux en Chine et qu’elle a affecté beaucoup d’entrepreneurs. Cela devient extrêmement grave lorsque les entrepreneurs doivent mettre en gage tous leurs actifs. Ils sont soumis à une pression énorme et ce qu’ils font est déformé », déplorait alors ce dernier.

Un discours qui n’a évidemment pas plu aux caciques du régime de Pékin. Le pouvoir a riposté en étudiant actuellement de nouvelles mesures pour forcer les géants de la technologie, dont Ant Group, Tencent et JD.com, à partager des données sur le crédit à la consommation avec les régulateurs afin de prévenir les emprunts excessifs et la fraude. Si ce plan est mis en œuvre, les plateformes numériques alimenteront les agences de crédit, qui sont gérées ou soutenues par la Banque populaire de Chine, avant que les données partagées ne soient distribuées plus largement aux banques et autres prêteurs afin d’aider à évaluer correctement les risques d’emprunt.

De quoi museler durablement des géants du numérique bien trop remuants au goût de Pékin.

Source : ZDNet.com

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