Pékin lorgne sur les données personnelles des géants chinois du numérique

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Pékin lorgne sur les données personnelles des géants chinois du numérique

La Chine en a après les données utilisateurs produites par les géants du numérique locaux. Pékin prévoit en effet de pousser ses champions locaux, parmi lesquels Tencent ou JD, à partager les données sur les prêts à la consommation qu’ils ont consenti à leurs clients. Le but ? Prévenir les excès et les fraudes, indique Pékin, qui entend ainsi mettre fin au laisser-faire qui prévaut actuellement dans ce domaine.

La résistance s’organise toutefois du côté des grandes plateformes chinoises qui n’entendent pas transmettre aussi facilement leurs données malgré l’injonction des autorités de régulation et de la Banque centrale chinoise. Le projet de Pékin s’ajoute aux récentes propositions visant à renforcer l’examen des champions de la technologie et à freiner la construction d’empires, notamment financiers. Un volontarisme dans ce domaine qui a déjà contribué à l’effondrement spectaculaire de l’introduction en bourse du géant Fintech Ant, pour une ardoise totale estimée à 37 milliards de dollars en novembre.

Le régime chinois en a désormais après l’ancienne société mère de Ant, Alibaba, et son PDG Jack Ma, dont le sort est aujourd’hui incertain. La dernière proposition de réglementation des sociétés Internet intervient également alors que Pékin se méfie des contrôles de risque laxistes des banques, principalement les plus petites, en termes de prêts à la consommation et de leur dépendance excessive à l’égard de plateformes telles que Ant pour trouver des clients.

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Méfiance grandissante

“Les petites banques sont généralement dans une position plus faible lorsqu’elles s’associent à des géants de la technologie comme Ant”, regrettent les autorités chinoises alors que de nombreuses banques s’appuient aujourd’hui sur les géants du numériques pour profiter de leurs données utilisateurs. “Il est crucial que les prêteurs aient un meilleur accès à des données de crédit plus complètes et plus détaillées sur les emprunteurs”, sans pour autant être à la merci de ces plateformes, estiment les autorités chinoises.

Avec l’ébauche de cette nouvelle réglementation, Pékin pourrait de nouveau mettre des bâtons dans les roues de ses géants technologiques, dont certains sont jugés un peu trop remuants par les caciques du régime. Comment ? En les attaquant au porte-feuille alors que le secteur des activités de crédit est considéré comme une vache à lait par les entreprises technologiques. A titre d’exemple le solde des prêts à la consommation de Ant s’élevait à plus de 260 milliards de dollars fin juin 2020, ce qui représente 21 % de tous les prêts à la consommation à court terme émis par des organismes bancaires en chine sur la période.

La nouvelle position de Pékin en dit long sur sa méfiance vis-à-vis de ses propres géants du numériques et de leurs directions. Dernière illustration de ce duel à fleurets mouchetés, le célèbre milliardaire chinois Jack Ma, longtemps aux manettes du géant Alibaba, n’a plus donné signe de vie depuis octobre dernier. Lors de sa dernière apparition publique, le fondateur de ce géant chinois de la technologie et du e-commerce avait prononcé un discours très critique vis-à-vis des autorités chinoises. De là à y voir une relation de cause à effets, il n’y a qu’un pas…

 

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