Pau : un responsable d’un centre d’accueil de réfugiés tué à coups de couteau – Le Monde

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Un responsable du centre d’accueil des demandeurs d’asile de Pau géré par l’association Isard COS a été tué, vendredi 19 février, en fin de matinée, par un demandeur d’asile soudanais qui lui a porté plusieurs coups de couteau, a appris l’Agence France-Presse (AFP) auprès de la municipalité et de source policière.

Selon les premiers éléments de l’enquête, les faits se sont produits vers 11 heures. La victime, un père de famille âgé de 46 ans, est morte peu après l’agression. L’auteur présumé des faits, un demandeur d’asile soudanais de 38 ans qui ne vivait pas au centre mais y a été pris en charge par le passé, a été interpellé. Il venait de se voir refuser son statut de réfugié par l’Office français de protection des réfugiés et apatrides (Ofpra), ont précisé des sources policières et municipales.

D’après les informations fournies par la procureure de la République de Pau, Cécile Gensac, l’individu s’est présenté dans les locaux pour rencontrer le chef du pôle asile. Alors que les deux hommes se trouvaient dans le bureau du responsable, « des employés ont été alertés par des cris et ont immédiatement appelé les services de police », rapporte le parquet dans son communiqué. Sur place, les forces de l’ordre ont trouvé la victime au sol, « présentant des plaies pouvant s’apparenter à des coups prodigués à l’arme blanche », principalement au niveau du thorax.

L’individu, gardé dans un bureau annexe par des employés, a été placé en garde à vue pour assassinat. Son casier judiciaire fait état de deux condamnations pour des faits de violences commis en 2017. Il a effectué un passage en prison, mais était inconnu des services de renseignement. L’attaque n’est pas considérée comme terroriste. L’enquête de flagrance confiée à la sûreté départementale du commissariat de police de Pau devra « déterminer l’exact déroulement des faits ainsi que les motivations du passage à l’acte ».

Le ministre de l’intérieur sur place

Le ministre de l’intérieur, Gérald Darmanin, venu à Pau pour témoigner « la solidarité » du gouvernement, a expliqué que l’homme interpellé, après s’être vu refuser son statut de réfugié par l’Ofpra, avait été autorisé par la justice administrative à rester en France, une autorisation qui avait pris fin avec sa condamnation à de la prison « pour rixe à l’arme blanche ».

L’agresseur présumé n’avait cependant pas répondu à deux convocations, dont une fois à la fin de 2020, pour se faire signifier son expulsion et « c’est parce qu’il devait quitter le territoire national (…) sans doute qu’il est venu ici », a déclaré M. Darmanin devant le centre d’accueil.

A ses côtés, le maire de Pau, François Bayrou (MoDem), a exprimé le « double choc » pour l’association « qui prend en charge plus de 250 personnes en recherche d’asile, de refuge, dans des moments particulièrement difficiles de leur vie ». Un choc « parce qu’ils ont perdu leur collègue, leur ami, leur proche », et parce que celui-ci a perdu la vie « par l’un d’entre ceux » qu’ils ont vocation « à prendre en charge et aider ».

Choquée, une employée du centre de 47 ans, en « état de détresse psychologique », a été transportée à l’hôpital de Pau, selon les pompiers des Pyrénées-Atlantiques. Une cellule psychologique a été mise en place pour l’ensemble des employés de la structure.

« Implanté de longue date à Pau », le centre d’accueil de demandeurs d’asile Isard COS est, selon son site, un centre de 257 places qui offre aux demandeurs d’asile et réfugiés un « accompagnement global mais adapté à chaque situation familiale ou personnelle » et propose des hébergements dans différents quartiers de la ville.

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Le Monde avec AFP

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