“Pass vaccinal”, gestes barrières… Ce que préconise le Conseil scientifique contre la 4e vague – BFMTV

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L’instance qui guide l’action du gouvernement dans le cadre de l’épidémie de Covid-19 a rendu un nouvel avis le 6 juillet, dévoilé ce vendredi.

Taux d’incidence en hausse, augmentation des contaminations… Le variant Delta, B.1.617.2, identifié pour la première fois en Inde et 60% plus contagieux, “sera bientôt majoritaire” en France, “probablement ce week-end”, a indiqué ce vendredi sur France Inter Olivier Véran. Le gouvernement étudie plusieurs hypothèses pour empêcher la survenue d’une nouvelle vague épidémique.

Dans un avis daté de mardi et rendu public ce vendredi, le Conseil scientifique, préconise plusieurs pistes pour endiguer ce variant préoccupant, outre la surveillance des indicateurs épidémiologiques et hospitaliers. Le texte est intitulé “réagir maintenant pour limiter une nouvelle vague associée au variant Delta”. Voici ses principales préconisations.

Si le Conseil scientifique juge que la campagne de vaccination “continue à progresser efficacement”, et que “l’objectif gouvernemental de 45 millions de personnes primovaccinées sera probablement atteint à la fin août”, le taux de couverture vaccinale est encore “insuffisant” face au virus et à son variant Delta, notamment chez les personnes les plus à risque.

“Le maximum de vaccination avec deux doses doit être réalisé avant fin août 2021 pour que l’efficacité vaccinale soit tangible à la rentrée, dès le retour à l’école, au travail…”, note l’instance.

Et ce d’autant que “l’épidémie ne pourra être contrôlée qu’avec 90% à 95% de personnes vaccinées ou infectées en particulier chez les personnes de plus de 60 ans”, écrivent les scientifiques. Un seuil plus haut que les estimations passées, “compte-tenu de la transmission des nouveaux variants”.

Actuellement, la classe d’âge la plus vaccinée est celle des 75-79 ans, qui sont 84,7% à avoir un schéma vaccinal complet. Cette couverture est moindre chez les autres seniors, et descend à 65,6% pour les 60-64 ans.

“Une stratégie de vaccination ‘aller vers’ doit être systématiquement mise en œuvre pour toucher les populations éloignées du système de soins”, recommandent les spécialistes.

“Les personnes migrantes et personnes en situation de grande précarité doivent également être la cible de cette priorité vaccinale”, plaide aussi l’avis.

• Envisager une 3e dose pour les personnes âgées

Pour les personnes de plus de 80 ans ou “les patients immunodéprimés au sens large”, il se pourrait qu’une troisième dose soit nécessaire pour acquérir une meilleure immunité, notamment face aux variants.

“Une stratégie de rappel par une 3ème dose ARNm semble justifiée, même s’il n’existe pas de données actuellement”, émet le Conseil, ajoutant que “la balance bénéfice/risque pour cette approche est clairement en faveur d’un bénéfice, même potentiel, au vu de l’absence d’effets indésirables graves dans cette population”, évoquant là les personnes âgées.

“L’extension de cette vigilance vaccinale, et la stratégie de rappel doivent être proposées à tous les Français de plus de 80 ans, et pas seulement aux résidents en Ehpad” car “l’âge constitue le principal facteur de risque”, rappellent les scientifiques.

Pour justifier cette proposition, le Conseil scientifique note par ailleurs, à partir des exemples anglais et belges de ces derniers jours, “un risque d’infection symptomatique (…) lié au variant Delta dans cette population”, “même chez des vaccinés avec deux doses”.

Jeudi soir, les entreprises Pfizer-BioNTech avaient fait savoir qu’elles allaient demander l’autorisation d’administrer une troisième dose de vaccin dans l’optique de lutter contre les variants du virus, et spécialement le Delta. L’hypothèse est également “à l’étude” du côté d’AstraZeneca.

• Rendre la vaccination obligatoire pour les soignants

Le Conseil scientifique se dit préoccupé par un taux de couverture vaccinale encore “trop bas, parmi les personnels du secteur médicosocial en contact avec des personnes âgées et/ou handicapées en Ehpad, établissements spécialisés ou en ville”, soulignant que “seuls 40% du personnel des Ehpad, public ou privé, seraient vaccinés avec une grande hétérogénéité territoriale”.

L’instance se prononce donc en faveur d’une obligation de vaccination des soignants, estimant qu'”après plusieurs mois d’explication, il est nécessaire de rappeler que le choix d’un métier de santé s’accompagne d’une responsabilité professionnelle vis-à-vis des personnes/patients que l’on accompagne”.

Le collège d’experts ouvre aussi la porte à une obligation pour “d’autres catégories”, comme “les ‘aidants’, le personnel des services à la personne ou l’ensemble des professionnels (non sanitaires) exposés et exposant à un risque pour autrui”.

• Garder les tests gratuits l’été pour “tester-tracer-isoler”

Alors que le débat sur le remboursement des tests PCR dits de commodité s’installe, le Conseil scientifique recommande de “poursuivre durant cette période d’été l’accès gratuit aux tests de dépistage (RT-PCR, antigénique)”.

Une recommandation destinée à continuer le déploiement de la stratégie “tester, tracer, isoler” ainsi qu’à “accompagner” les personnes malades ou leurs contacts à risque.

“Le niveau bas de l’incidence permet d’avoir une approche très opérationnelle, en principe plus efficace qu’auparavant”, note l’avis, exhortant à une démarche identique mais “intensifiée dans les zones de clusters identifiées de variant Delta, en mettant en œuvre une vaccination accélérée et des propositions de dépistage en population”.

• Ne pas abandonner les gestes barrières

Connus de la population depuis désormais près d’un an et demi, les gestes barrières ne doivent pas être oubliés, rappelle le Conseil scientifique, qui souligne leur “importance majeure”, comme le lavage des mains.

“Un relâchement non-contrôlé des gestes barrières durant l’été 2020 avait entrainé une reprise épidémique à partir de septembre 2020, dans un contexte, certes, sans vaccin, mais aussi sans variant. On doit malheureusement constater un relâchement massif des gestes barrières depuis 2 semaines, ceci va accélérer la diffusion du virus”, mettent en garde les experts.

Selon le dernier point épidémiologique de Santé publique France, “l’adoption systématique des mesures en lien avec l’interaction sociale” diminue en effet “significativement”. Fin juin, 66% des répondants déclaraient saluer sans se serrer la main et éviter les embrassades (contre 72% mi-mai) – et 37% déclaraient éviter les regroupements en face-à-face avec des proches (43% mi-mai).

• Envisager des restrictions locales si besoin

Au départ frileux à une approche territorialisée des restrictions sanitaires, le gouvernement s’y était finalement converti l’hiver dernier. Plus récemment, les Landes avaient été le seul département à prolonger les dernières restrictions du confinement, maintenu en phase 3 jusqu’au 6 juillet, en raison d’une poussée du variant Delta.

Une stratégie que valide le Conseil scientifique, qui préconise “un retour à des mesures partielles de restrictions” qui doivent pouvoir être envisagées “y compris en juillet et en août et dans des zones de vacances” pour des zones où l’incidence remonterait “de façon significative, en particulier liée au variant Delta”.

Actuellement exigé pour les événements rassemblant plus de 1000 personnes, le pass sanitaire pourrait voir sa jauge abaissée, selon les vœux du Conseil scientifique.

Cette jauge “doit probablement pouvoir être revue à la baisse, en fonction du niveau d’incidence”, indique l’avis.

• Mettre en place un “pass vaccinal” au champ plus large

L’élargissement du champ du pass sanitaire est l’une des pistes actuellement envisagées par l’exécutif. Pour parvenir à une plus grande couverture vaccinale, le Conseil scientifique va même plus loin et émet l’hypothèse de mettre en place un “pass vaccinal à visée individuelle pour pouvoir accéder à certains ‘espaces de libertés'” tels que les restaurants, activités culturelles et sportives”.

Cela participerait notamment du fait de “limiter les restrictions sanitaires qui devront être envisagées pour limiter la 4e vague”. Pour les personnes non-vaccinées, si un tel pass était adopté, il faudrait alors présenter “un test antigénique ou un test PCR réalisé 1 ou 2 fois par semaine”, sachant que “la gratuité de ces tests pourrait prendre fin à l’automne”

“Le Conseil scientifique propose que cette éventualité soit instruite dès maintenant, en prenant en compte l’avis de représentants de la société civile par les autorités politiques”, indique l’avis.

Clarisse Martin Journaliste BFMTV

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