Pass sanitaire étendu, vaccin obligatoire… Les 5 pistes de l’exécutif pour freiner le variant Delta – BFMTV

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Alors que le variant Delta ne cesse de “gagner du terrain”, le gouvernement envisage de faire appliquer de nouvelles mesures dès cet été, à commencer par rendre le vaccin obligatoire pour les soignants.

Après quelques semaines d’accalmie, le gouvernement ne cache pas son inquiétude sur le front du Covid-19. Le virus “gagne à nouveau du terrain” à cause du variant Delta qui est “redoutable et extrêmement rapide” et représente désormais “plus de 40% des contaminations” sur le territoire, s’est alarmé Gabriel Attal à l’issue du Conseil des ministres ce mercredi.

Lundi, Emmanuel Macron présidera un Conseil de défense sanitaire exceptionnel pour trancher sur de nouvelles mesures pour freiner l’épidémie. Extension du pass sanitaire, vaccination obligatoire… Voici les cinq principales pistes envisagées par le gouvernement.

• Extension du pass sanitaire

Comme nous vous l’indiquions vendredi, Jean Castex a appelé les chefs des groupes parlementaires à réfléchir à l’extension du “champ d’application du pass sanitaire”, qui consiste en une preuve de vaccination, d’un test négatif de moins de 48 heures, ou d’une contamination au Covid-19 d’au moins 15 jours et de moins de 6 mois.

Actuellement, ce précieux sésame n’est nécessaire que pour assister à des événements rassemblant plus de 1000 personnes, en intérieur comme en extérieur. Dès ce vendredi, il sera également obligatoire pour se rendre en discothèque. Mais plusieurs voix, dont celle d’Alain Fischer, estiment qu’il faut l’étendre à d’autres “activités socioculturelles ou sportives”:

“L’idée que l’on puisse utiliser son pass sanitaire non seulement pour aller au stade – et je ne parle pas seulement des images un peu folles de l’Euro de football -, mais aussi pour se rendre au cinéma, au théâtre, au restaurant ne me choquerait pas”, explique le président du Conseil d’orientation de la stratégie vaccinale ce jeudi dans les colonnes du Monde.

“C’est une bonne mesure incitative, en particulier pour les plus jeunes”, plaide le spécialiste, qui y voit là un moyen d’encourager la vaccination.

• Vaccination obligatoire pour les soignants

Depuis plusieurs jours, le gouvernement prépare les esprits à une éventuelle obligation de la vaccination pour les soignants. Dans une déclaration commune, le ministre de la Santé, Olivier Véran, et une quinzaine d’organisations professionnelles du secteur (médecins et infirmiers, fédérations d’établissements sanitaires et médico-sociaux…) s’y sont dits favorables, au terme d’une rencontre mercredi en fin de journée.

Ils souhaitent le “vote d’une loi dans les plus brefs délais si cela s’avère nécessaire”. Pour Alain Fischer, il est urgent d’annoncer une obligation, car elle “devrait entraîner certains à se faire vacciner sans attendre”. Il justifie cette position:

“La vaccination obligatoire des soignants existe pour d’autres vaccins, ce n’est pas une grande innovation. Le principe de ne pas nuire à autrui pour un professionnel de santé devrait dès lors être suffisant.”

Et d’ajouter: “On ne peut plus accepter que des clusters soient nourris par des professionnels de santé qui contaminent leurs patients.”

• Fin de la gratuité des tests dits de “confort”

Fin juin, l’Académie de médecine a recommandé de cesser le remboursement des tests réalisés pour des “convenances personnelles”, c’est-à-dire les dépistages de personnes qui ne présentent pas de symptomes du Covid-19 ou ne sont pas considérées cas contacts, mais qui souhaitent partir en voyage par exemple. Le gouvernement réfléchit à cette piste, car elle permettrait ainsi d’inciter les Français à aller se faire vacciner – le vaccin restant lui, gratuit.

Mais la question fait encore débat, puisque certains, comme François Blanchecotte, président du Syndicat national des biologistes, jugent qu’imposer un frein tarifaire alors que le variant Delta se propage en France est une erreur. Elle pourrait même décourager certains citoyens de se faire tester en cas de doute:

“À l’aube où le variant Delta est prédit par nos épidémiologistes comme pouvant être présent sur la France fin août et à l’aube d’une quatrième vague si jamais on n’arrive pas à le maîtriser, c’est très important (…) qu’on continue ce dépistage, c’est un intérêt majeur”, affirmait-il récemment à l’antenne de BFMTV.

• Des mesures territorialisées ou aux frontières

C’est l’une des dernières mesures évoquées en Conseil de défense mercredi: le retour des mesures territorialisées. Actuellement, force est de constater que le variant Delta ne circule pas uniformément sur le territoire: la Nouvelle-Aquitaine, l’Ile-de-France et la région Provence-Alpes-Côte d’Azur voient chacune plus de 50% des tests criblés dans leur région touchées par la mutation L452R, caractéristique notamment de cette souche plus contagieuse.

De nouvelles mesures pourraient donc être envisagées, notamment dans les zones les plus touristiques, comme le retour du masque en extérieur. Dans les Landes, l’un des départements les plus touchés par le variant Delta, les dernières restrictions du confinement avaient ainsi été prolongées jusqu’à ce mercredi et d’ultimes mesures y perduent “jusqu’au 21 juillet inclus”, “pour conforter la situation sanitaire”.

Enfin, l’exécutif réfléchit aussi à imposer de nouvelles mesures aux frontières, par exemple pour nos voisins qui font face à une flambée de contaminations liées au variant. Invité ce jeudi de France 2, le secrétaire d’État aux Affaires européennes Clément Beaune a ainsi évoqué le cas du Portugal et de l’Espagne, qualifiant la situation sanitaire locale de “particulièrement préoccupante”.

Il a d’ailleurs invité “ceux qui n’ont pas encore réservé leurs vacances” à éviter ces deux destinations, ajoutant que “des mesures renforcées” pourraient être prises dans les prochains jours.

Une cinquième piste de travail est à l’étude, et consisterait à renforcer l’isolement, selon nos informations. L’isolement concerne les personnes malades ou leurs contacts à risque.

Cette mesure pourrait être assortie de sanctions, mais le consensus politique semble difficilement acquis sur ce point-là. Cela pose nécessairement la question des contrôles, difficiles par nature à mettre en oeuvre.

Esther Paolini avec Anne Saurat-Dubois

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