Pas de compensations financières pour Bouygues Telecom et SFR dans “l’affaire Huawei”

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Pas de compensations financières pour Bouygues Telecom et SFR dans

Voilà qui va faire grincer des dents du côté de SFR et de Bouygues Telecom. Interrogé lors de la présentation du volet numérique du plan de relance du gouvernement ce jeudi, le secrétaire d’Etat au numérique, Cédric O, a rejeté toute compensation du manque à gagner consécutif à l’interdiction de facto de l’utilisation des équipements Huawei par ses partenaires historiques Bouygues Telecom et SFR, qui comptaient jusqu’à maintenant sur la firme de Shenzhen pour équiper leurs réseaux 5G.

« Il n’y a pas de négociations avec les opérateurs sur une compensation financière » pour le démontage des antennes Huawei à l’horizon 2028, a ainsi fait savoir le secrétaire d’Etat. Et d’enfoncer le clou en indiquant qu”il « n’est pas prévu, en aucun cas, qu’il y ait des indemnisations des opérateurs pour les décisions qui ont été prises » au sujet de Huawei.

Une mise au point qui ne fait bien évidemment pas les affaires de SFR et Bouygues Telecom, qui exigeaient tous deux des compensations financières alors que Huawei fait l’objet d’un encadrement drastique de la part de l’ANSSI et de Matignon, après de multiples accusations de collusions avec le régime chinois.

Si les autorités n’ont pas interdit explicitement le matériel Huawei pour le déploiement de la 5G, le gendarme de la cybersécurité, chargée de remettre un avis à Matignon, a restreint très fortement les autorisations d’exploitation accordée à la firme de Shenzhen, poussant de fait ses partenaires à se tourner vers des alternatives européennes représentées par Nokia et Ericsson.

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« Pas de compensations »

Les deux opérateurs, tous deux partenaires de longue date avec Huawei, qui équipe une large partie de leurs réseaux mobiles, espéraient pourtant avoir droit à des réparations financières de la part des autorités. Olivier Roussat, le président de Bouygues Telecom, avait encore évoqué la semaine dernière une « discussion que l’on peut qualifier de négociation » avec l’Etat sur une compensation pour l’obligation de démonter les antennes Huawei.

Pour rappel, Bouygues Telecom a annoncé la semaine dernière se préparer à retirer 3 000 antennes de téléphonie mobile Huawei d’ici à 2028 dans les zones très denses en population. L’opérateur, qui n’utilise pas d’antenne Huawei à Paris, ne pourra pas non plus recourir aux équipements du géant chinois à Strasbourg, Brest, Toulouse et Rennes.

Autant de villes qui abritent des installations stratégiques pour la France, comme le port militaire et une base de sous-marins nucléaires à Brest, le siège d’Airbus à Toulouse, ou des centres opérationnels clés en cybersécurité à Rennes.

Bouygues Telecom n’a pas dit son dernier mot

Reste SFR, partenaire traditionnel de Huawei. Contacté, l’opérateur n’était pas en mesure de préciser sa position et son futur plan d’action à ce sujet. L’Arcep, le gendarme français des télécoms, a fixé au 29 septembre prochain la dernière étape de l’appel d’offres pour l’attribution des nouvelles fréquences 5G sur la bande des 3,5 GHz. Les premières offres commerciales pourraient être disponibles en France avant la fin de l’année.

Rappelons que Bouygues Telecom n’a toutefois pas dit son dernier mot dans cette affaire. L’opérateur vient en effet à nouveau de saisir le Conseil d’Etat. Objectif pour l’opérateur : faire capoter le décret dit “anti-Huawei” et pousser les autorités à passer à la caisse pour le dédommager.

Cette nouvelle saisine pourrait donc s’imposer comme un nouveau moyen de pression trouvé par l’opérateur pour faire céder le gouvernement, après le dépôt à l’été de deux autres requêtes auprès du Conseil d’Etat, toutes rejetées par la plus haute juridiction administrative du pays.

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