“Parler”, le dernier coup de pied dans la fourmilière

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Donald Trump a créé une forte secousse sur la toile cette semaine, et voilà que l’ensemble des réseaux sociaux ont profité d’une occasion en or pour sortir, enfin, leur casquette de gardien de la paix, et espérer effacer ce que certains leur reprochent comme quatre ans (et plus) d’inactions et d’irresponsabilité.

Tous, sauf “Parler”, une application de microblogging qui a misé sur la liberté d’expression pour concurrencer des réseaux sociaux comme Twitter, et qui a très vite attiré les partisans de Donald Trump, depuis son lancement en 2018. Après une semaine de pleine censure de la parole du président sortant, voilà que les gendarmes d’Internet ont mis un dernier coup de pied dans la fourmilière. Le dernier de la semaine, mais le plus important pour le débat public.

Les réseaux sociaux censurent le président sortant

Donald Trump a fait fermer des comptes et fait supprimer des milliers de tweets, à cause d’un trop-plein d’appel à la violence, représenté finalement par ces événements au Capitole, la semaine dernière à Washington. Trop c’est trop, expliquaient les réseaux sociaux.

Si le président sortant en est la cause, il en est aussi la victime. La suspension de ses propres comptes, où il y communiquait la majeure partie de sa présidence, n’a bien évidemment pas été décidée par lui-même. En écrivant de longues lignes pour justifier leur choix, la décision en revenait jusqu’à présent aux réseaux sociaux.

Twitter, Facebook, Instagram, Reddit, Snapchat, YouTube… ils n’auront jamais été aussi nombreux. La secousse est historique, le monde l’a clairement ressentie. Si nombreux seront ceux qui auront acclamé ces décisions, il n’en échappera pas que la disparition des comptes de Donald Trump a jeté de l’huile sur le feu.

Les réseaux sociaux ont tellement pris d’importance dans nos vies que nous voilà surpris, à débattre de politiques confondant l’espace privé des entreprises avec celles d’un jardin public.

Coup de pied dans la fourmilière

La semaine s’est poursuivie jusqu’à tard dans la nuit vendredi, avec la décision définitive de Twitter au sujet de Donald Trump. Dès le lendemain matin, pourtant, une autre histoire allait prendre à contre-pied le débat : la fermeture par les magasins d’applications du réseau social « Parler ».

Après avoir fermé des comptes et avoir été la cause de suppression de milliers de tweets, Donald Trump a provoqué la disparition d’un réseau social. Rien que ça. Les plateformes qui s’attiraient la critique ont montré à travers “Parler” qu’il y avait plus puissant. In fine, le réseau social s’est fait battre par plus grand que lui. Par faute de n’avoir pas censuré, il s’est fait censurer.

Parler censure Play Store

Parler n’est plus disponible sur Google Play © Google Play

Samedi, “Parler” s’est fait écarter de Google Play et de l’App Store, mais aussi des services d’hébergement d’Amazon Web Service (AWS). La faute à son principe : « impartial et axé sur le dialogue ouvert ». Une description de son cofondateur et PDG, John Matze, qui avait transformé Parler en un irréductible réseau social où les partisans de Donald Trump pouvaient se retrouver et échanger des propos qui n’auraient pas été tolérés ailleurs.

Censurer, ou se faire censurer

Si Internet a rebattu les cartes de l’économie et du pouvoir, la disparition de « Parler » mettra un sacré coup de pied dans la fourmilière. Alors que l’on jugeait le pouvoir de censure des réseaux sociaux, serveurs et magasins d’applications rappellent qu’ils sont les plus forts. Et que si les uns ne modèrent pas, ceux qui déterminent de leur existence le feront, en neutralisant non pas seulement des publications, mais des applications en générale.

Dans un message à l’attention de Google, Apple et Amazon, le PDG de « Parler » l’a très bien rappelé. Nous avions, tout au long de la semaine, affaire à un utilisateur du web (Donald Trump). La défense du PDG de Parler montre que les plateformes du web sont elles aussi surveillées. Jonh Matze écrivait :

« Nous ferons de notre mieux pour passer à un nouveau fournisseur dès maintenant, car nous avons beaucoup de concurrents pour notre activité. Cependant Amazon, Google et Apple ont délibérément fait cela dans un effort coordonné en sachant que nos options seraient limitées ».

Dans son message, publié sur sa propre plateforme, le cofondateur de Parler décrivait ces entreprises comme “les géants de la tech” qui l’ont pénalisé.

En se positionnant au-dessus des applications (tels que les réseaux sociaux), hébergeurs, fournisseurs, et magasins d’applications ont montré qu’ils avaient leur mot à dire. Il faut dire qu’ils sont les gardiens du stockage sur le web, et déterminent l’accès à la mise en application sur les appareils hardware (Android et iOS). L’App Store et Google Play censurent depuis des années, et l’affaire autour d’Epic Games et de Fortnite est toujours bonne à rappeler.

Dans cette loi de la jungle qui régit Internet, le débat ne pourra plus être le même. La dimension a changé. Si Twitter n’avait rien fait, les « vrais » géants de la tech n’auraient peut-être pas hésité à sauter sur l’occasion. Tels que des gendarmes de la paix, armés et prêts à tirer.

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