Ces orphelins ou mineurs isolés âgés de moins de cinq ans se trouvaient dans des camps ou dans des familles d’accueil au nord-est de la Syrie. L’opération pourrait être renouvelée dans un avenir proche.

La décision a été prise par le président de la République: cinq enfants de djihadistes français ont été rapatriés de Syrie vendredi à 13h30. Ces orphelins ou mineurs isolés âgés de moins de cinq ans se trouvaient dans des camps ou dans des familles d’accueil au nord-est de la Syrie. L’un d’eux, blessé, est en mauvais état de santé et pourrait être hospitalisé. L’opération d’exfiltration de ces enfants de djihadistes, compliquée par une mauvaise météo sur place, a été accomplie avec l’aide des Forces démocratiques syriennes (FDS) et des autorités politiques de la région autonome tenus par les Kurdes au nord de la Syrie. Elle a été réalisée par des moyens militaires français. Dans l’immédiat, les autorités françaises ont concentré leurs efforts, affirme une source au Quai d’Orsay, sur «les enfants dont les situations sont les plus périlleuses et les plus vulnérables». L’opération pourrait être renouvelée dans un avenir proche si d’autres enfants ayant perdu leurs parents se retrouvaient dans une situation similaire. Trois enfants de djihadistes avaient déjà été rapatriés d’Irak, mais c’est la première fois que les autorités françaises exfiltrent des orphelins de Syrie. Mais il ne s’agit pas d’en faire une règle.

Avec l’annonce du retrait américain de Syrie et la chute imminente des dernières poches du «califat» de l’État islamique, l’épineuse question du retour des djihadistes français se pose de manière urgente à plusieurs capitales occidentales. Des centaines d’entre eux sont aux mains des Kurdes en Syrie, auxquels s’ajoutent les femmes, combattantes ou non combattantes ainsi que les enfants, qu’ils soient venus avec leurs parents ou qu’ils soient nés sur place.

Un casse-tête pour Paris

Le cas des enfants de djihadistes est un casse-tête pour les pays européens et notamment pour la France. La société est divisée, entre ceux qui considèrent qu’il faut refuser le retour de ces enfants de «criminels de guerre» et ceux qui les considèrent comme des «victimes de guerre» risquant, si on les abandonne à leur sort syrien, de se transformer en «bombes à retardement». Plusieurs familles ont ainsi déposé une plainte devant le Comité des droits de l’enfant des Nations unies le 28 février afin de contraindre la France à offrir sa protection à ces mineurs. Emmanuel Macron défend pour l’instant – il l’a redit lors de son déplacement au Kenya – une approche «au cas par cas», une politique «humanitaire» suivie avec «beaucoup de vigilance».

Si la France accepte de rapatrier les enfants isolés et sans protection, sa position vis-à-vis des combattants djihadistes adultes ayant suivi Daech au Levant n’a pas changé: «Ils doivent être jugés sur le territoire où sont commis leurs crimes. C’est une question de justice et de sécurité» affirme un responsable français. Et malgré les protestations de plusieurs organisations non gouvernementales, la doctrine française, même si on la sent encore fragile, n’est pas censée évoluer.


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