Panthéon : Emmanuel Macron « assume » une « vision contemporaine du patrimoine » – Le Monde

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Cela n’était pas arrivé depuis près d’un siècle. Pour accompagner l’entrée de Maurice Genevoix au Panthéon, lors d’une cérémonie présidée par Emmanuel Macron, mercredi 11 novembre, en fin d’après midi, l’Etat a passé une commande auprès du plasticien allemand Anselm Kiefer et du compositeur français de musique contemporaine Pascal Dusapin afin que chacun réalise des œuvres destinées à demeurer dans le monument. La dernière commande publique pour le Panthéon date de 1924, avec l’installation d’une sculpture en pierre d’Henri Bouchard rendant déjà hommage aux héros morts pour la France lors de la guerre de 14-18.

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Choisi par le chef de l’Etat lui-même à la faveur d’une rencontre à Aix-la-Chapelle (Allemagne) en 2018, Anselm Kiefer a réalisé six vitrines de verre et d’acier, hautes de 3 mètres et larges de 4 à 6 mètres, lesquelles représentent avec des matériaux recyclés (fil de fer barbelé, fumier d’âne, livres en plomb, plaques de béton…) différentes scènes inspirées de la Grande Guerre. Des citations extraites de Ceux de 14, l’ouvrage-phare de Maurice Genevoix, sont inscrites à la base de ces cubes monumentaux, installés à différents endroits du transept. Des références au « Dormeur du Val », sonnet le plus célèbre d’Arthur Rimbaud et « poème préféré » d’Anselm Kiefer, ainsi qu’aux écrits d’Henri Barbusse, sont également présentes.

Un hommage aux oubliés

L’artiste allemand, qui vit depuis une trentaine d’années en France, a aussi réalisé pour l’occasion deux immenses tableaux, longs de 7 mètres et hauts de près de 10 mètres, installés à l’entrée du Panthéon. L’un représente la « voix sacrée » menant à Verdun, longuement évoquée par Maurice Genevoix dans ses ouvrages. L’autre, composé d’épis brûlés surmontés de vêtements souillés de terre et de boue, se veut un hommage à tous ceux qui ont participé à l’effort de guerre, mais ont souvent été oubliés lors des commémorations (comme l’« armée noire », ou encore les femmes, restées en arrière des combats). Ces tableaux ne faisant pas partie de la commande publique, ils ne seront exposés que temporairement dans le Panthéon, « sans doute pendant un à deux mois après la fin du confinement », précise l’Elysée.

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Originaire de Lorraine, Pascal Dusapin a de son côté réalisé une œuvre lyrique dont des extraits seront diffusés quatre ou cinq fois par heure dans le Panthéon, à des intervalles différents. Constituée de textes en latin issus de l’Ecclésiaste, de Virgile et de locutions funéraires de la Rome antique, la composition, chantée par le chœur Accentus et enregistrée à la Philharmonie de Paris sous la direction du Britannique Richard Wilberforce, sera diffusée par soixante-dix haut-parleurs cachés dans les hauteurs du temple républicain. Les noms de quinze mille soldats et civils morts en 14-18, sélectionnés par le ministère des armées, seront également susurrés de nef en nef. « J’aurais voulu citer les noms d[u] 1,4 million de morts pour la France, mais cela aurait demandé deux ans d’enregistrement », s’excuse Pascal Dusapin. A l’occasion de la panthéonisation de l’écrivain, la famille Genevoix a quand à elle fait don du manuscrit original de Ceux de 14 à la Bibliothèque nationale de France (BnF).

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