Pandémie Covid-19 : où en sommes-nous ? (au 18 février) – Les Crises

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Nous constatons cette semaine une baisse des contaminations, probablement multifactorielle, comme nous allons le voir. Cependant, l’épidémie reste à des niveaux inquiétants, 400 personnes meurent chaque jour depuis plus de 100 jours, et les variants progressent toujours, nouveau signe de la gestion plus que calamiteuse du gouvernement.

Plan du billet :

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N.B. : comme on m’a posé la question, je rappelle que ma formation est actuaire-statisticien spécialisé en mortalité ; elle conduit donc à faire ce genre d’analyses.

I. Incidence en France

1-1 La situation au niveau national

Voici l’évolution du nombre de nouveaux cas dépistés en France depuis début mai :

On constate donc qu’après avoir été nettement atténuée par le deuxième confinement, l’épidémie a repris sa croissance dès décembre et qu’elle diminue depuis une dizaine de jours. Il convient toutefois de rester prudent dans l’interprétation.

On note bien cette baisse sur ce graphique représentant la croissance du nombre de cas (c’est-à-dire la fonction dérivée du nombre de cas), mais qui semble déjà marquer le pas :

Lecture : quand la courbe bleue est sur fond rouge, l’épidémie est en croissance ; quand elle est sur fond vert, elle est en décroissance. Quand la courbe monte, l’épidémie accélère, quand elle descend, elle décélère.

Cette évolution semble pouvoir s’expliquer par 3 causes :

  • d’abord, le couvre feu à 18h00, qui transforme nos vies en un semi-confinement, sachant que la plupart des lieux de rencontre sont fermés depuis des mois ;
  • ensuite, le début des vacances scolaires, les enfants ayant un rôle dans la poursuite de l’épidémie ;
  • enfin, probablement la vague de froid, qui a poussé les gens à rester encore plus chez eux.

Précision : au vu des caractéristiques du virus et de la volonté de lutter contre lui, il n’est pas possible de réaliser la moindre anticipation sérieuse de l’évolution du nombre de cas.

1-2 Les tests

On observe que le nombre de tests diminue légèrement, comme le taux de positivité :

On observe bien ceci au niveau de la croissance du nombre de tests (le gros pic correspond aux vacances de Noël) :

Rappelons que nous testons environ 3 % de la population adulte chaque semaine.

1-3 L’épidémie « réelle »

Comme on ne teste que les personnes qui se présentent, on oublie donc de tester les personnes symptomatiques qui ne le désirent pas, et les asymptomatiques qui n’ont pas été identifiés comme étant des cas contacts. Selon l’Inserm, on n’identifie pas entre la moitié et les deux tiers des personnes réellement contaminées.

Nous vous proposons donc une estimation de l’épidémie réelle afin d’obtenir le nombre de nouvelles contaminations chaque jour :

On note qu’au printemps, l’activité de test (le petit trait en vert) était presque invisible, tant elle était marginale.

La veille des deux confinements, on devait approcher les 125 000 contaminations par jour ; nous sommes probablement autour de 50 000 actuellement, soit 2,5 fois moins.

1-4 Situation départementale

Voici le niveau départemental actuel de vulnérabilité face à la maladie :

Elle se passe de commentaires…

Pour bien montrer l’échec des confinements Canada Dry du gouvernement, rappelons que trois mois après la fin du premier confinement, la situation mi-août était de 3 départements à risque élevé et 21 à risque modéré :

Voici le taux de reproduction moyen par région :

Il est surtout intéressant d’observer le nombre total de nouveaux cas chaque jour par département :

Il y a seulement une quinzaine de départements qui connaissent très peu de cas chaque jour.

Après avoir observé le niveau absolu, il est intéressant d’observer son évolution :

Comme nous l’avons vu, l’évolution est actuellement plutôt légèrement favorable.

Voici l’évolution en graphique pour les départements les plus touchés :

Le département des Bouches-du-Rhône est donc le plus touché de la métropole, mais la situation s’y stabilise.

Voici le détail pour l’Île-de-France :

On voit que l’épidémie stagne peu dans ces départements, mais progresse toujours, sous la pression des nouveaux variants qui eux sont très présents.

1-5 Situation par âge

Enfin, point très important, voici le taux de positivité selon l’âge des contaminés :

On constate que la positivité diminue sur la plupart des classes d’âge, et plus fortement chez les plus de 90 ans : à l’évidence, l’effet du vaccin commence à se faire sentir.

Voici l’évolution pour celles les plus à risques :

Le taux reste toutefois à un niveau absolu élevé.

Voici en effet ce que cela donne en nombre de personnes testées positives :

En plus de cette représentation classique, nous vous proposons le même graphique, mais présenté ainsi, afin de bien voir l’évolution pour les plus de 60 ans, population à risque :

Et ici, voici un zoom sur les 50-70 ans et les plus de 70 ans :

Le réservoir de futurs décès reste hélas très important…

II. Hospitalisations en France

La tendance sur les admissions à l’hôpital pour Covid-19 est désormais également à la baisse autour de 1 400 hospitalisations par jour (soit quand même 500 000 par an à ce rythme) :

On peut l’observer en traçant la croissance des nouvelles hospitalisations, dont on constate l’évolution positive :

Cela donne ceci sur le nombre total de personnes hospitalisées :

Cela fait donc 3 mois que 25 000 à 30 000 personnes sont hospitalisées en permanence pour Covid-19.

Voici enfin la carte des nouvelles hospitalisations :

et celle du nombre total de personnes hospitalisées :

Les réanimations stagnent également après une nette hausse :

Et voici pour l’évolution, qui devient donc négative :

Ce qui donne ceci pour le nombre total de personnes en réanimation :

Voici enfin la carte des nouvelles entrées en réanimation :

et celle du nombre total de personnes hospitalisées en réanimation:

Et voici enfin la part des patients Covid-19 dans le total des personnes en réanimation (qui prennent donc la place des malades normalement reçus…) :

La situation est donc toujours très problématique à l’hôpital.

III. Décès en France

Voici enfin la situation au niveau des décès par Covid-19 en France :

Là encore, on observe un plateau du nombre de décès, mais à un niveau effrayant de 400 morts par jour. Et presque plus personne n’en parle…

On vient donc de dépasser le bilan effroyable de 80 000 morts, et, à ce rythme, les 100 000 morts seraient atteints début avril :

Ceci confirme bien le potentiel de mortalité du Coronavirus que nous évoquions dès le début de l’épidémie : 200 000 à 300 000 morts, vu qu’en avril, environ 15 % de la population aura été touchée, et que des exemples brésiliens ou italiens ont montré qu’il pouvait monter à 50 ou 60 % de personnes contaminées.

Si nous rapprochons le nombre de décès de notre estimation des cas réels, on voit bien qu’il y a un décalage d’un mois entre les pics, et qu’il y avait très peu de décès début mars quand l’épidémie avait le niveau actuel :

Voici pour conclure la carte des décès hebdomadaires :

IV. Conclusion pour la France

La montée actuelle des variants dans notre pays ainsi que le laxisme de Macron, toujours fier de ne pas écouter les scientifiques, fait craindre une reprise prochaine de l’épidémie en raison de la hausse des variants dans un contexte de lenteur à vacciner.

Des nouvelles du grand timonier de la « Corée de l’Ouest »… (source)

Le « pari » de Macron d’un laissez-faire maximal est un pari dangereux, nous condamnant déjà de façon certaine à cette vie mise en parenthèses pour encore plusieurs mois. Le premier confinement a divisé le nombre de morts par 50, le deuxième par 2, montrant bien la priorité accordée au patronat, qui se traduira par de nombreux morts et une récession profonde. Nous vous renvoyons d’ailleurs à cet article de Frédéric Lordon, si bien nommé « Les Sociopathes, de France Telecom à Macron. »

Cette doctrine de « Vivre avec le virus » alors que la stratégie gagnante sur la planète est « Vivre sans le virus », appliquée en Asie et en Océanie, où les gens vivent normalement après quelques efforts, sans dommages économiques ni mentaux. En Australie, la ville de Perth a été confinée 5 jours pour UN cas détecté de Covid, mais ils vivent joyeusement depuis lors sans virus.

Une stratégie Zéro Covid (Cliquer pour agrandir)

Cette carte de l’épidémie montre la faillite de l’Occident, et l’efficacité de l’Asie, qui sera probablement la région dominante de la Planète dans quelques décennies.

Quant à nous, nous continuons tels des somnambules à joyeusement vacciner une population où circule abondement le virus (qui tue 400 personnes par jour), fantastique moyen darwinien de faire surgir un nouveau variant résistant au vaccin…

V. Incidence en Europe

Voici la situation chez nos voisins européens :

Si l’épidémie semble désormais maîtrisée chez nos voisins, on note que l’Angleterre a été très fortement frappée par le variant anglais johnsonien, variant que nous laissons donc prospérer chez nous, bien qu’il soit sans doute plus contagieux et plus mortel.

Voici d’ailleurs une carte plus précise de la situation régionale en Europe. :

Pratiquement aucune région n’est épargnée par la Covid…

Comme il y a un retard de 2 à 3 semaines entre nouveaux cas et décès, la mortalité vient de passer son pic en Angleterre, qui est fortement confinée :

Il va donc falloir surveiller de près la situation dans les prochaines semaines.

VI. Incidence dans les pays les plus touchés

Voici enfin la situation dans les pays actuellement les plus touchés :

La situation aux États-Unis, au Brésil et en Russie reste dramatique.

Voici un zoom sur l’Amérique latine :

La situation est également critique au Mexique et en Colombie.

Voici pour les décès :

On voit que le nombre de décès atteint des niveaux dramatiques et stagnants dans les pays les plus touchés, avec 500 à 3 000 morts par jour.

Voici enfin la situation des décès en Amérique latine :

Par chance, beaucoup de pays ont pris des mesures de protection des plus âgés (ou bien ils disposent de systèmes sociaux particuliers, ne les regroupant pas dans des Ehpads).

VII. Situation mondiale

Voici pour commencer la carte mondiale de l’épidémie – qui frappe actuellement durement l’Amérique. :

Voici pour le nombre de cas par continent :

On constate que l’épidémie décroit enfin en Amérique, après un pic à 350 000 cas détectés par jour. L’Europe poursuit également sa décroissance.

On a ceci en cumulant les zones pour arriver à la situation mondiale :

L’épidémie décroit donc nettement au niveau mondial en raison des politiques menées, avec encore 500 000 contaminations par jour.

Et on a ceci avec les cas cumulés depuis l’origine :

On constate que l’Amérique a été très fortement frappée, avec près de 50 millions de cas détectés, et que l’Asie ne dépasse pas 20 millions alors qu’elle est bien plus peuplée. L’Europe a également été durement frappée avec une trentaine de millions (en réalité bien plus, mais comme elle a moins testé au début, cela fausse quelque peu ce graphique).

Au final, 100 millions de personnes ont été testées positives à la Covid-19 – et beaucoup plus l’ont attrapée :


Voici la situation au niveau des décès :

On constate à quel point l’Occident a été durement frappé.

À 12 000 décès par jour, nous semblons actuellement avoir dépassé le pic des décès quotidiens, autour de 13 000 morts par jour.

Au final, les courbes des décès cumulés ressemblent évidemment aux courbes des cas cumulés :

Désormais, plus de 2 000 000 de personnes sont mortes de la Covid-19, 1 000 000 en Amérique, 600 000 en Europe et 400 000 en Asie.

VIII. La vaccination

8-1 En France

Voici un point sur la vaccination en France :

On constate que les injections ont plafonné à 90 000 par jour le 20 janvier, et diminuent depuis. C’était attendu, vu que nous ne recevons qu’environ 60 000 doses par jour (400 000 par semaine).

Cela a permis d’injecter la première dose à près de 2,5 millions de Français.

8-2 Dans le monde

Voici la répartition des injections quotidiennes dans le monde, qui atteignent 6 millions par semaine :

soit plus de 40 millions par semaine :

En cumulant, on constate que près de 180 millions de personnes ont désormais été vaccinées :

et en cumulant chaque semaine :

Voici la situation au 15 février, les États-Unis ont été très efficaces avec près de 50 millions de vaccinés :

Enfin, voici la situation en pourcentage de la population vaccinée :

Des nouvelles de « l’Europe puissance »…

Il y a une remarquable performance du Royaume-Uni, mais elle a hélas été obtenue en ayant différé l’injection de la seconde dose, et donc en réduisant l’efficacité du vaccin :

IX. Un dernier conseil Santé

Petit rappel : si vous êtes une personne vulnérable (plus de 65 ans, ou plus jeune mais avec des comorbidités, telles que cancer, obésité, diabète etc.) non atteinte par la Covid, ou son (sa) conjoint(e), préférez le port du masque FFP2 / KN95 qui protègent le porteur (plutôt que les masques chirurgicaux bleus qui servent à empêcher les porteurs du virus de contaminer les autres; les masques en tissu ont quant à eux une efficacité variable et discutée).

En effet, si vous croisez des personnes dans des lieux clos mal ventilés (lieux qui favorisent l’aérosolisation), vous serez mieux protégés avec ces masques. On peut en trouver dans certaines pharmacies (insistez…) ou sur Internet ; prenez toujours des certifiés CE.


Merci d’avoir lu cet article jusqu’au bout ! Nous espérons qu’il vous a intéressé.

Olivier Berruyer

P.S. Vous pouvez nous suivre sur Facebook et Twitter (ici et ) – merci d’avance pour votre soutien !

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