Outre-Manche, l’éviction de Huawei du marché britannique risque de coûter cher

Spread the love
  • Yum

Outre-Manche, l'éviction de Huawei du marché britannique risque de coûter cher

Outre-Manche, la facture risque d’être salée après l’éviction de Huawei par les autorités britanniques. Afin de protéger la sécurité des futurs réseaux 5G, le gouvernement britannique s’est engagé à investir pas moins de 250 millions de livres (280 millions d’euros), dont 50 millions de livres dès l’année prochaine. Cette somme sera utilisée pour trouver de nouveaux moyens de mettre fin à la dépendance du pays vis-à-vis d’un groupe restreint de fournisseurs de réseaux – un groupe qui s’est encore réduit depuis l’éviction de Huawei par les autorités britanniques, qui soupçonnent le constructeur chinois de collusion avec Pékin.

Mais au-delà du seul cas Huawei, les autorités britanniques souhaitent également que cette somme serve à garantir que les réseaux 5G du pays ne dépendent pas trop d’un seul fournisseur. Parmi les personnes travaillant sur cette stratégie figurent l’ex-PDG de BT, Ian Livingston, ainsi que des représentants de Vodafone et d’Openreach. Le groupe de travail a été nommé au début de l’année, quelques semaines seulement après que le gouvernement britannique a décidé, pour des raisons de sécurité, l’éviction de Huawei de ses infrastructures mobiles de nouvelle génération d’ici à 2027.

Le marché mondial des communications étant actuellement dominé par trois fournisseurs seulement – Huawei, Ericsson et Nokia – l’interdiction imposée par le Royaume-Uni a réduit les options des fournisseurs de télécommunications à deux grands fournisseurs de réseaux seulement. L’opérateur BT, par exemple, a déjà partagé la majorité de son réseau 5G entre des partenariats avec Nokia et Ericsson, afin de se conformer aux nouvelles exigences du gouvernement.

publicité

Londres en alerte

Parmi les mesures potentielles qui figureront dans la stratégie britannique figurent notamment l’attraction de nouveaux fournisseurs sur le marché britannique. Cela sera probablement possible grâce à des investissements plus importants dans la recherche et le développement de nouvelles technologies qui peuvent réduire les obstacles à l’entrée sur le marché, comme l’OpenRAN. Celle-ci peut aider les opérateurs à réduire le coût de la construction de nouveaux réseaux grâce à du matériel et des logiciels indépendants des fournisseurs, définis sur des normes communes. En d’autres termes, la technologie découple le matériel et les logiciels et, en théorie, ouvre le marché à un ensemble plus diversifié de petits fournisseurs.

En injectant 250 millions de livres supplémentaires dans la recherche, le gouvernement britannique espère que des solutions seront bientôt trouvées pour contrer le rapport de force actuel dans l’industrie des télécommunications. La dépendance à l’égard de deux fournisseurs pose selon les autorités britanniques d’énormes problèmes de sécurité et peut être techniquement problématique en cas de défaillance des équipements. Et peu importe que ces équipements soient produits par des firmes européennes.

Pour rappel, Londres vient de présenter un nouveau projet de loi destiné à « renforcer les normes de sécurité des réseaux britanniques » et à « éliminer la menace des fournisseurs à haut risque ». Ce nouveau projet de loi vise à dissuader encore davantage les opérateurs de recourir à des équipements de fournisseurs jugés peu fiables, via notamment la mise en place de sévères sanctions pour les opérateurs. Si ces derniers bravent l’interdiction d’utiliser des équipements Huawei, ils pourraient ainsi se voir infliger des amendes journalières allant jusqu’à 10 % de leur chiffre d’affaires, dans la limite de 100 000 livres par jour (soit 112 000 euros). De quoi donner un avantage certain à Ericsson et Nokia dans la course à la 5G chez nos voisins britanniques.

La position du Royaume-Uni concernant Huawei – pourtant partenaire de nombreux opérateurs locaux depuis près de deux décennies – a changé et s’est durcie ces derniers mois. En janvier 2019, le gouvernement britannique déclarait autoriser Huawei à fournir certains équipements pour les réseaux 5G du pays. En juillet 2020, le gouvernement a changé de position en exigeant des opérateurs qu’ils cessent l’achat d’équipements 5G à la société chinoise à partir de 2021, et qu’ils retirent toute la technologie de Huawei de leurs réseaux 5G d’ici 2027.

Source : ZDNet.com

Leave a Reply

%d bloggers like this: