Le virus Ebola a tué une deuxième personne dans l’ouest de l’Ouganda, a appris l’Agence France-Presse (AFP) ce jeudi auprès d’une source sanitaire, qui précise que la victime est la grand-mère d’un enfant de 5 ans mort dans la nuit de mardi à mercredi des suites de la même maladie.

Le petit frère du garçon, âgé de 3 ans, est également contaminé. Il avait été placé en quarantaine avec sa grand-mère, tout comme les autres membres de la famille ayant voyagé avec eux en République démocratique du Congo (RDC). 

L’Ouganda est en état d’alerte depuis le début de l’épidémie, il y a dix mois, dans l’est de la RDC. Plus de 2000 cas ont été enregistrés dans le pays, dont les deux tiers ont débouché sur la mort du malade. Jusqu’à présent, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) n’a pas déclenché de procédure d’urgence, en partie parce que l’épidémie était restée confinée à la RDC.

Une réunion d’urgence

L’OMS a annoncé mercredi la tenue d’une réunion de son comité d’urgence vendredi sur l’épidémie d’Ebola. Il s’agit de la troisième réunion du comité d’urgence de l’OMS depuis le début de l’épidémie en août dernier.

“Le comité se réunira le 14 juin pour déterminer si l’épidémie constitue une urgence de santé publique de portée internationale”, comme il l’avait fait en 2014 pour l’épidémie d’Ebola en Afrique de l’Ouest et en 2016 pour l’épidémie de virus Zika en Amérique latine, “et quelles recommandations devraient être formulées pour la gérer”, a indiqué l’organisation dans un message envoyé aux médias.

Un vaccin expérimental

Selon l’OMS, l’Ouganda a vacciné près de 4700 membres du personnel de santé avec un vaccin expérimental. Le pays a déjà connu des épidémies d’Ebola. La plus récente remonte à 2012. Deux cents personnes avaient trouvé la mort en 2000 au cours d’une épidémie dans le nord du pays.

L’arrivée d’Ebola “est un développement préoccupant, mais cela fait des mois que nous nous y préparons”, a souligné Robert Kwesiga, le secrétaire général de la Croix-Rouge ougandaise.

En RDC, l’épidémie actuelle est la dixième depuis 1976 et la deuxième la plus grave dans l’histoire de la maladie, après les quelque 11.000 morts en Afrique de l’Ouest (Liberia, Guinée, Sierra Leone) en 2014. Le pays échoué jusqu’à présent à enrayer l’épidémie, notamment en raison des attaques des milices ou de l’hostilité de la population vis-à-vis des centres de soin.