Fouilles systématiques des sacs et de voitures, contrôles de chaque manifestant… Au quatrième jour de la mobilisation des Gilets jaunes, un dispositif de sécurité exceptionnel a été mis en place dans la capitale, suscitant l’exaspération des participants.

« Les policiers nous ont tout pris : notre matériel médical, nos lunettes, nos casques et nos masques à gaz », détaille Tony, venu d’Auvergne cette nuit et rencontré dans le quartier Opéra à Paris samedi matin. A ses côtés, ses quatre amis, également contrôlés, sont dépités. Ils ne savent pas « comment tenir la journée » et affirment « ne pas être des casseurs mais de simples manifestants. »

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Drapeaux confisqués

Des adolescents venus de Moselle, vestes de motard sur les épaules et pantalons militaires, se sont fait fouiller quatre fois en l’espace d’une heure. « A chaque fois, on nous prend quelque chose, ça a commencé par les masques de protection, témoigne l’un d’eux. Ensuite on nous a pris nos casques… J’espère rentrer chez moi avec ma veste… ». « Aujourd’hui, c’est un mur encore pire qu’on dresse devant nous, pour nous étouffer encore plus », dénonce Sylvia, 55 ans à Bastille.

Un quinquagénaire a même été bloqué à cause d’un… drapeau. « C’est une arme par destination » lui a rétorqué un gendarme. « Et votre collègue, il va me demander mon froc » s’est énervé le manifestant qui rebrousse chemin.

Sur les Champs-Elysées, un groupe de savoyard est déçu. L’avenue est cernée par des rideaux de policiers et des barricades, impossible pour ces Gilets jaunes de marcher en direction de la place de la Concorde ou de prendre une rue perpendiculaire. Un confinement qui provoque des mouvements de foule. « Alors qu’on est venu ici pour manifester, on n’a rien à voir avec les casseurs », regrette Candice. Jérémy confie : « On est comme dans une cage, on est emprisonné sur les Champs-Elysées» Le groupe est alors un peu désemparé.

Les journalistes ne sont pas épargnés. Un photographe qui souhaitait couvrir la manifestation s’est vu confisquer son matériel de protection.

Un nombre impressionnant d’interpellations

Ces contrôles ont mené à 481 interpellations à Paris, pour 211 gardes à vue en fin de matinée.« Certaines personnes étaient identifiées et signalées en raison de leurs appels à la violence sur les réseaux sociaux. Elles étaient donc frappées par un interdit préfectoral, prohibant leur accès aux zones de manifestation », explique une source policière au site Franceinfo.

Si certaines fouilles ont permis de saisir des couteaux, des boules de pétanque ou encore une batte de base-ball, le nombre d’interpellations est déjà nettement supérieur à la semaine dernière : sur l’ensemble de la journée du samedi 1er décembre, 412 personnes avaient été interpellées.

Au total, 8 000 policiers et gendarmes ont été mobilisés à Paris, soit près du double par rapport au samedi 1er décembre, marqué pas de fortes violences dans Paris. Quatorze véhicules blindés de la gendarmerie ont également été déployés en soutien.