Olivier Véran : «Plus on sera rigoureux, moins le confinement sera long» – Le Parisien

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La prise de parole du gouvernement, chaque jeudi soir, est devenue un rituel durant lequel chacun s’attend à de nouvelles annonces de restriction. Mais ce jeudi, c’était répit. Pas de nouveau tour de vis avant de connaître les premiers effets du confinement mis en place il y a une semaine. Si le matin, Anne Hidalgo, la maire (PS) de Paris, a annoncé que « certains » commerces comme les débits de boissons ou les épiceries, devraient fermer à 22 heures à 6 heures, cette mesure n’est pas généralisée dans l’Hexagone et bien circonscrite aux établissements où des « attroupements » sont possibles.

Pourtant, la situation reste grave sur le plan sanitaire. « La vague est là et elle violente », a tranché Olivier Véran, le ministre de la Santé, après l’énoncé des chiffres par le directeur général de la Santé : la France compte le plus grand nombre de cas en Europe, plus de 20 % des dépistages réalisés sont positifs, le R0 qui dit combien une personne infectée va en contaminer d’autres est toujours trop élevé, à 1,3 alors qu’il le faudrait en dessous de 1.

Des transferts de patients

Si toute la France est touchée, la région Rhône-Alpes, autour des métropoles de Saint-Etienne, Lyon et Grenoble, est particulièrement impactée. « En tant que réanimateur, je n’ai jamais vu autant de morts de ma vie », a confié à nos confrères du Progrès, le chef de la réanimation de la Croix-Rousse à Lyon. Déjà, plus de 40 patients ont été transférés vers les rares territoires encore en capacité de les accueillir comme la Nouvelle-Aquitaine, les Pays de la Loire et la Bretagne.

Sans le confinement, a assuré le ministre, les services de soins critiques de la région auraient été totalement saturés (avec deux fois plus de malades que leur capacité maximale) à la mi-novembre. Et partout ailleurs ? S’il est trop tôt pour mesurer son efficacité, Olivier Véran a tout de même indiqué que la situation, sans restriction, aurait été « catastrophique, avec plus de 9000 malades Covid en réanimation », toujours à la mi-novembre.

« Je crois que le confinement est respecté »

Au durcissement du confinement demandé par des médecins et des politiques, Olivier Véran a préféré ce jeudi une dernière tentative de responsabilisation collective : « La durée des règles dépend de nous, plus on sera rigoureux, moins le confinement sera long », a-t-il dit sans exclure de nouvelles mesures. « Je crois que le confinement est respecté par les Français », s’est-il même avancé.

« Bien sûr, c’est un confinement qui laisse plus de souplesse, mais on voit beaucoup moins de rassemblements de jeunes adultes, qui étaient de véritables facteurs de propagation, nous explique la professeure d’infectiologie Anne-Claude Crémieux. Est-ce que ça va suffire ? Je ne l’exclus pas ! Mais il faudra plusieurs semaines. »

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