Nuage de sable du Sahara attendu sur la France : “Les particules de sable vont être transportées sur une très – franceinfo

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Un nouveau nuage de sable s’apprête à déferler sur la France, dimanche 21 et lundi 22 février, en provenance du Sahara. Un phénomène fréquent, mais qui a donné lieu au début du mois à d’impressionnantes images de ciel ocre partout en France, de l’Alsace au sud-est du pays. Pour mieux comprendre cet épisode météorologique, franceinfo a interrogé Vincent Guidard, chercheur au Centre national de recherches météorologiques de Météo France.

Franceinfo : Comment se forment ces nuages de sable ?

Vincent Guidard : A l’origine, ils naissent dans les grands déserts. Le plus proche de nous, c’est le Sahara, donc c’est de là que proviennent les nuages qui nous touchent. Ailleurs dans le monde, il peut également y en avoir dans le désert de Gobi et en Australie. Pour générer un nuage de sable, il faut des conditions particulières : un système dépressionnaire avec suffisamment de vent pour décrocher les particules de sable du sol. Ces poussières désertiques, une fois soulevées, peuvent monter dans l’atmopshère. Elles sont transportées sur une distance plus ou moins longue.

C’est un phénomène régulier. Une fois que les poussières sont dans l’atmosphère, il peut arriver plusieurs choses, notamment s’il y a des précipitations. Il y a des périodes plus propices que d’autres à ces épisodes. C’est davantage visible en fin d’automne, ou durant l’hiver avec les régimes dépressionnaires qui passent sur le nord de l’Afrique. Ils peuvent créer ces conditions locales de vent pour arracher les poussières désertiques et ensuite envoyer ce sable jusqu’à nous.

Entre le Sahara et la France, ces poussières peuvent être complètement transformées par les phénomènes météorologiques qu’elles rencontrent. Les précipitations peuvent par exemple freiner ces nuages de sable et c’est à cause de cela qu’on a des voitures recouvertes de sable. La France est un territoire assez vaste, donc de telles poussières peuvent aussi être arrêtées lors de précipitations sur les Pyrénées, qui sont un premier rempart. Mais en région parisienne, le phénomène est beaucoup plus rare que dans le sud de la France, c’est certain.

Cet épisode semble de grande ampleur, mais quand va-t-il toucher le pays ?

L’épisode a déjà commencé sur l’Espagne et l’Atlantique. Il va arriver en deux vagues sur la France. Une première vague arrive ce dimanche par la Bretagne et l’Atlantique. La seconde, beaucoup plus importante, arrivera lundi par les Pyrénées.

Mais des précipitations sont attendues et pourraient donc changer la donne. Contrairement à l’épisode qui a touché le pays début février, cette fois, les flux et les vents sont plus forts. Le phénomène va toucher jusqu’à la Scandinavie et les particules de sable vont être transportées sur une très longue distance. 

Va-t-on à nouveau constater un ciel ocre partout en France ?

C’est rare de constater des modifications de la couleur du ciel. Lors du dernier épisode, début février, ces poussières désertiques stagnaient à bonne altitude pour générer cet effet optique d’un ciel ocreSi le soleil est plus ou moins rasant, ça ne rend pas le même effet. Pour l’impression visuelle, il est difficile de dire si des couleurs aussi marquantes seront visibles. Ce qui choque principalement, c’est qu’on a deux épisodes en un mois, dont l’intensité est assez forte. Ces phénomènes sont réguliers, mais habituellement ils ne touchent pas l’ensemble du territoire, ils touchent plutôt le sud du pays, la Côte d’Azur et les Pyrénées. 

Les conséquences les plus probables pour les habitants seront des dépôts de poussières de sable en grande quantité sur les voitures et sur les vitres, surtout dans le sud du pays. Les dépôts y seront probablement plus importants qu’au début du mois. Les poussières désertiques peuvent également avoir un impact sur la qualité de l’air et la santé. On peut déjà le constater en Occitanie, où les Hautes-Pyrénées et les Pyrénées-Orientales ont ce dimanche un indice de qualité de l’air “mauvais”, selon Atmo Occitanie, l’observatoire régional de la surveillance et de la qualité de l’air. Cela s’explique par le fait qu’un épisode de pollution est déjà en cours, et la présence de ces particules désertiques aggrave la situation. 

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