Nouvelles tensions en marge d’un rassemblement de soutien aux migrants à Paris – Le Figaro

Spread the love
  • Yum

REPORTAGE – Au lendemain de l’évacuation violente d’un camp de migrants, des manifestants sont retournés place de la République, à Paris pour exprimer leur colère vis-à-vis de la police et du gouvernement.

La place de la République à Paris a accueilli une nouvelle manifestation ce mardi 24 novembre au soir. Plusieurs associations avaient appelé plus tôt dans la journée à un rassemblement, au lendemain d’une autre opération, où la violence de l’intervention policière avait choqué jusqu’au ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin.

Ce soir, ils étaient plusieurs milliers rassemblés, d’abord dans le calme avant que plusieurs centaines de manifestants ne forment un cortège, marchent le long de la rue de Turbigo pour buter contre le rempart de boucliers des forces de l’ordre.

Quelques poubelles ont volé, d’autres ont flambé aux cris jubilatoires des parfois très jeunes manifestants. Entre la foule et le cordon policier sifflaient parfois dans l’air les bouteilles de verre, s’éclatant sur le bitume, ou sur les camions de police. La police a poussé, jusqu’à obliger les derniers manifestants à entrer dans le métro.

Ni les manifestants ni les policiers n’ont vraiment cherché l’affrontement. Les manifestants se grisent des quelques bouteilles lancées et des quelques chants injurieux. Les forces de l’ordre se contentent de contenir le cortège sans entrer en contact, bloquant les issues et repoussant la foule vers la place de la République.

Les forces de l’ordre ont progressivement acculé les manifestants qui restaient jusqu’au métro. GONZALO FUENTES / REUTERS

Défense des sans-papiers, opposition au gouvernement

Car ce soir, les images de la manifestation de la veille, qui ont tourné en boucle sur les réseaux sociaux, étaient sur toutes les bouches. Laurence, une artiste peintre d’une cinquantaine d’années, ne contient pas son indignation, sa honte. «Je n’allais pas rester chez moi, à déprimer de ce que je voyais. Je suis ici pour me tenir debout», explique-t-elle. Elle se désole de ce qu’elle considère comme une «crise de l’accueil». «Pour un pays qui se revendique des droits de l’homme, quelle hypocrisie!», s’exclame-t-elle.

James, lui est un habitué des rassemblements militants. Cet étudiant en art de 26 ans a accouru la veille quand il a appris sur le réseau social Snapchat que la situation tournait mal. «Ce qui s’est passé hier est ignoble, déclare-t-il. Ils [les policiers] se sont attaqués à des gens sans défense».

Jusqu’à ce qu’un petit groupe de manifestants excités ne convainque la foule à occuper la rue pour partir en «manif’ sauvage», le clou du rassemblement était les fumigènes craqués sur la statue représentant le suffrage universel, par des avocats en robe de l’association Black Robe Brigade. «On assiste à l’avènement d’un État autoritaire», explique Me Aurélie Cattan-Attias, qui souligne qu’en tant qu’avocate, elle pèse ses mots. «On vit dans un État incapable d’assurer les libertés fondamentales des gens, on le voit avec l’État d’urgence permanent ou la loi de sécurité globale», argumente-t-elle.

Ce mardi soir, c’est autant les droits des migrants que la foule est venue défendre qu’une opposition féroce à la politique d’Emmanuel Macron. «On est là pour mettre la pression au gouvernement, explique ainsi au Figaro Éric Coquerel, député La France Insoumise de Seine-Saint-Denis. Mais on voit qu’ils commencent à reculer», se réjouit l’élu.

Leave a Reply

%d bloggers like this: