Nouvelles restrictions anti-Covid : les deux scénarios privilégiés par le gouvernement – Le Parisien

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« Difficiles », « très fortes »… On l’aura compris, les décisions que s’apprête à prendre le gouvernement afin de lutter contre l’ épidémie galopante ne se réduiront pas à des mesurettes. Le vocabulaire en témoigne, comme pour mieux préparer les esprits à des restrictions plus drastiques encore que la fermeture des bars et un couvre-feu entre 21 heures et 6 heures du matin, déjà appliqué dans 54 départements.

Plus question d’attendre les effets de cette mesure. Il faut aller plus vite et le gouvernement s’est fixé une journée pour trancher. Deux conseils de défense sont organisés coup sur coup. Le premier s’est tenu ce mardi matin à l’Elysée suivi d’une consultation des principaux dirigeants politiques. Mercredi, un second permettra de définir les contours de cette nouvelle offensive contre le Covid.

Restrictions de circulation ?

Le scénario d’un confinement des plus fragiles, davantage à risque de faire des formes graves, est d’ores et déjà exclu par l’Elysée. La raison est double, non seulement cette mesure est considérée comme discriminante mais l’impact de la solitude sur les personnes âgées est dangereux selon les autorités sanitaires. Quant à la possibilité de restreindre les déplacements, l’hypothèse est à l’étude, « on se pose la question », nous confie une source proche du dossier.

Les décisions prises seront-elles appliquées au cas par cas, en fonction de la circulation du virus territoire par territoire ? C’était la stratégie du gouvernement jusqu’alors, mais la généralisation de la flambée épidémique pourrait inciter le gouvernement à revenir à une stratégie plus globale, à l’échelle du pays. Si beaucoup de questions restent encore en suspens, deux pistes se dégagent.

Première hypothèse : un couvre-feu avancé. A quelle heure ? 17 heures, 18 heures ou 19 heures, actuellement, l’horaire n’est pas tranché mais celui de 21 heures ne sera pas conservé. Il pourrait s’accompagner d’un confinement le week-end. Les Français devront-ils aménager leur journée de travail pour rentrer plus tôt à la maison ? Rien n’est exclu. Certes, ces mesures sont moins fortes pour mettre KO l’épidémie, mais elles ont l’avantage de préserver en grande partie la vie économique du pays.

Autre option : un confinement « aménagé ». Pas question de mettre la France entièrement sous cloche comme au printemps. Les élèves pourront-ils encore aller à l’école ? Certains spécialistes, comme l’épidémiologiste Antoine Flahault, demandent de maintenir les écoles primaires ouvertes, avec le port du masque dès 6 ans, et de fermer les collèges, lycées, universités. « A cet âge, ils sont aussi contagieux que les adultes, affirme cet expert en santé publique. Le virus circule beaucoup dans ces établissements clos, mal ventilés, où le port du masque est compliqué, il faut diminuer les contacts sociaux à risque. » Une chose est sûre, le gouvernement considère comme une « priorité » d’assurer la continuité de l’instruction des enfants.

« On retourne dans l’enfer »

Le décrochage scolaire, conséquence du confinement du printemps, est encore dans tous les esprits. Poursuivre la classe faciliterait également le télétravail des parents. Pour Gilles Pialoux, chef du service des maladies infectieuses à l’hôpital Tenon à Paris, « on n’a pas le choix, d’un point de vue médical, il faut reconfiner le pays », nous dit-il, précisant qu’un tournant dans les chiffres de l’épidémie est observé depuis jeudi. La courbe s’affole. Rien ne semble arrêter la progression du virus. Dans plus d’un millier de communes, le taux d’incidence a franchi la barre des 1000 cas pour 100000 habitants, c’est quatre fois la cote d’alerte maximale fixée par les autorités sanitaires. Gilles Pialoux, souffle, très inquiet. « On retourne dans l’enfer. »

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