Une personne a été arrêtée, mais la première ministre n’exclut pas qu’il y ait plusieurs assaillants. La police demande aux habitants de rester cloîtrés.

Le Monde avec AFP Publié aujourd’hui à 03h35, mis à jour à 05h24

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Des ambulanciers prennent en charge un blessé après une fusillade dans une mosquée de Christchurch, en Nouvelle-Zélande, le 15 mars.

Des ambulanciers prennent en charge un blessé après une fusillade dans une mosquée de Christchurch, en Nouvelle-Zélande, le 15 mars. Mark Baker / AP
De « multiples » personnes ont été tuées lors de fusillades vendredi 15 mars contre deux mosquées de la ville néo-zélandaise de Christchurch durant la prière, a déclaré la police, qui a annoncé une arrestation. « Les décès, pour ce que nous en savons, sont survenus dans deux endroits, une mosquée sur Deans Avenue et une autre mosquée sur Linwood Avenue », a déclaré le commissaire Mike Bush. Une personne a été appréhendée, a-t-il dit. Mais les enquêteurs n’étaient pas certains du nombre d’auteurs de ces tirs, qui pourraient être plusieurs.

En ce jour de prière pour les musulmans, la police demande aux fidèles d’éviter les mosquées « partout en Nouvelle-Zélande », a-t-il ajouté. Les médias locaux ont rapporté que jusqu’à six personnes avaient péri et que plusieurs autres avaient été blessées. Un grand périmètre dans cette ville de l’île du Sud a été bouclée par les forces de l’ordre. « La police répond au maximum de sa capacité pour affronter la situation, mais les risques restent extrêmement élevés », a-t-elle dit dans un communiqué.

Au moment de la fusillade, la mosquée Masjid al Noor, sur l’avenue Deans, était remplie de fidèles, dont les membres de l’équipe nationale de cricket du Bangladesh. Ceux-ci sont ressortis indemnes. Un témoin a raconté au site internet d’information Stuff.co.nz qu’il était en train d’y prier quand il a entendu des tirs. En prenant la fuite, il a vu sa femme morte devant l’édifice religieux. Un autre homme a dit avoir vu des enfants se faire abattre. « J’avais des corps partout sur moi ».

Une ville en état de siège

Le commissaire Bush a expliqué que toutes les écoles de la ville avaient été bouclées : « La police appelle tous ceux qui sont présents dans le centre de Christchurch à ne pas descendre dans la rue et à signaler tout comportement suspect ». Des bâtiments publics comme la bibliothèque centrale étaient aussi fermés. La municipalité a ouvert une ligne de téléphone d’urgence pour les parents inquiets du sort de leurs enfants, qui participaient à une marche contre le changement climatique non loin de là.

« Ne tentez pas de venir chercher vos enfants avant que la police ne dise que les gens peuvent se rendre dans le centre-ville en toute sécurité », a averti la municipalité. L’ambassade de France en Nouvelle-Zélande a également averti ses ressortissants sur les réseaux sociaux :

La première ministre de Nouvelle-Zélande Jacinda Ardern a déclaré vendredi que son pays connaissait l’une des ses journées « les plus sombres » après des fusillades « sans précédent » contre des mosquées de Christchurch. Aucune information officielle sur le nombre exact de victimes n’était disponible en fin d’après-midi.

Selon un porte-parole de l’équipe de cricket du Bangladesh, un sport extrêmement populaire dans ce pays, aucun des joueurs venus jouer un match en Nouvelle-Zélande n’a été blessé. « Ils sont en sécurité. Mais ils sont en état de choc. Nous avons demandé à l’équipe de rester confinée dans son hôtel », a-t-il dit à l’AFP.

La Nouvelle-Zélande est réputée pour sa faible criminalité. Dans ce pays, « l’usage d’armes à feu pour commettre des crimes reste un événement rare », écrit ainsi le département d’Etat américain dans ses conseils aux voyageurs.