Nouvelle attaque américaine sur Bagdad – Le Monde

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Le président américain Donald Trump commente l’attaque américaine sur Bagdad, le 3 janvier en Floride.

Un nouveau raid aérien américain a visé tôt samedi 4 janvier un commandant du Hachd Al-Chaabi au nord de Bagdad, selon la télévision d’Etat, au lendemain du bombardement qui a coûté la vie au patron de cette coalition de paramilitaires pro-Iran et au puissant général iranien Qassem Soleimani.

La chaîne ne précise pas l’identité du commandant visé. Cette attaque a fait « des morts et des blessés », a précisé à l’Agence France-presse une source au sein de la police irakienne, sans toutefois être en mesure de donner un bilan précis.

L’Iran a fait savoir vendredi au Conseil de sécurité des Nations Unies qu’elle se réservait le droit d’exercer sa légitime défense en vertu des lois internationales, après l’assassinat du général Qassem Soleimani. Dans une lettre, le représentant de l’Iran à l’Onu, Majid Takht Ravanchi, écrit que l’assassinat de Soleimani « est un exemple évident de terrorisme d’Etat et, en tant qu’acte criminel, constitue une violation flagrante des principes fondamentaux du droit international et, en particulier, ceux stipulés dans la Charte des Nations Unies ».

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Renforts militaires américains

Le Pentagone, qui craint des représailles à l’assassinat du général iranien Ghassem Soleimani, entend sécuriser les positions américaines. Washington a décidé de déployer entre 3 000 et 3 500 militaires supplémentaires au Moyen-Orient pour renforcer la sécurité des positions américaines dans la région, a annoncé le Pentagone.

Ces soldats appartiennent à une force de réaction rapide de la 82e division aéroportée. Ils s’ajoutent aux quelque 700 soldats qui ont été envoyés au Koweït en début de semaine après l’attaque contre l’ambassade des Etats-Unis dans la capitale irakienne, Bagdad, mardi.

Le président américain, Donald Trump, a affirmé vendredi ne pas chercher de « changement de régime » à Téhéran après l’élimination de celui qu’il a qualifié de « terroriste numéro un » dans le monde. Affirmant avoir agi pour « arrêter » une guerre, pas pour en commencer une, il a assuré que Ghassem Soleimani préparait des attaques « imminentes » contre des diplomates et des militaires américains.

Plus tôt dans la journée l’ambassade américaine à Bagdad avait appelé ses ressortissants à quitter l’Irak « immédiatement », « par avion tant que cela est possible, sinon vers d’autres pays par voie terrestre ».

Manifestations et appels au calme

En Iran et en Irak, les appels à la vengeance des responsables politiques et religieux se multiplient. L’Iran et les « nations libres de la région » se vengeront des Etats-Unis, a promis le président Hassan Rohani. Le Conseil suprême de la sécurité nationale iranien, plus haute instance sécuritaire de l’Iran, a également promis de venger « au bon endroit et au bon moment » le général Soleimani. « L’Amérique doit savoir que son attaque criminelle (…) a été la plus grave erreur du pays », fait-il savoir dans un communiqué.

A Téhéran, des dizaines de milliers de personnes ont manifesté pour dénoncer les « crimes » américains. Côté irakien, le premier ministre démissionnaire, Adel Abdel Mahdi, a estimé que le raid américain allait « déclencher une guerre dévastatrice en Irak », dénonçant « une agression contre l’Irak, son Etat, son gouvernement et son peuple ». Sur la même ligne, le pouvoir syrien a dénoncé la « lâche agression américaine », y voyant une « grave escalade » pour le Moyen-Orient.

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Partout dans le monde les appels à la désescalade se sont multipliés. Le grand ayatollah Ali Al-Sistani, figure irakienne majeure de l’islam chiite, a appelé, vendredi, toutes les parties à faire preuve de retenue et de sagesse. « Le monde ne peut se permettre une nouvelle guerre dans le Golfe », a affirmé de son côté le secrétaire général de l’Organisation des Nations unies, Antonio Guterres. Même invitation à la « retenue » de la part du chef de la diplomatie européenne, Josep Borrell. Exhortant tous les acteurs impliqués à « la responsabilité en ce moment crucial », M. Borrell a souligné qu’une « autre crise risquait de mettre en danger des années d’efforts pour stabiliser l’Irak ».

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