«Nous voulons la messe»: dimanche de mobilisation chez les catholiques – Libération

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Rambouillet, Bourges, Reims, Saint-Brieuc, Bougival, Toulouse, Caen, Bordeaux, Senlis, Bordeaux, Lyon… Des dizaines de rassemblements sont prévus ce dimanche dans toute la France pour réclamer la réclamer la réouverture des églises fermées pour cause de confinement pour y célébrer à nouveau des messes. Depuis vendredi, les manifestations de fidèles catholiques se multiplient, espérant obtenir dans la rue ce qu’ils n’ont pu obtenir via des recours devant le conseil d’Etat: la fin de l’interdiction des célébrations religieuses par précaution sanitaire.

Gérald Darmanin, qui doit recevoir les représentants des principaux cultes lundi au ministère de l’Intérieur, avait adressé une mise en garde aux catholiques avant ce week-end de contestation, rappelant que les églises restaient ouvertes pour permettre le recueillement individuel. Ce sont les messes collectives qui sont interdites. «Je ne souhaite pas envoyer les policiers et les gendarmes verbaliser des croyants devant une église, évidemment. Mais s’il s’agit d’un acte répété et qui est manifestement contraire aux lois de la République, je le ferai», a prévenu le ministre.

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En pleine pandémie de Covid-19, ce choix stratégique de braver les mesures sanitaires n’a pas franchement plu aux autorités. Le préfet de police de Paris a annoncé samedi qu’il se voyait contraint d’interdire formellement un rassemblement prévu dimanche après-midi sur le parvis de l’église Saint-Sulpice après les débordements constatés vendredi soir dans le VIe arrondissement. Le ton du communiqué est particulièrement sec. «Si la liberté de manifester est préservée, elle doit se dérouler dans des conditions sanitaires acceptables et le préfet ne saurait tolérer les manquements des organisateurs à ces exigences ainsi qu’à celle du maintien de l’ordre public», souligne la préfecture.

Vendredi soir, des dizaines de personnes se sont réunies devant Saint-Sulpice. Comme à Versailles ou à Nantes la semaine dernière, le «rassemblement statique» promis a rapidement pris des airs de prière de rue géante avec les fidèles chantant, carnets de messe à la main à la lueur des lampadaires. «Rendez-nous la messe», criaient une partie des manifestants, la plupart masqués. «La messe, c’est le moment où on se retrouve pour ce qui nous est commun: honorer Dieu, a justifié Guillaume Lagravière, organisateur du rassemblement devant les caméras. L’honorer à travers la télévision ou YouTube, ça n’a pas du tout la même valeur».

Dans son communiqué, la préfecture de police de Paris a déploré que la distanciation sociale et les gestes barrières n’aient pas été respectés. Plus grave, alors qu’il avait été «explicitement indiqué à l’organisateur que son rassemblement ne pouvait pas donner lieu à des prières de rue, le transformant de fait en événement cultuel interdit sur la voie publique, celles-ci ont été constatées» et abondamment relayées sur les réseaux sociaux.

Laure Bretton

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