Jean-Paul Naud (SE), maire de Notre-Dame-des-Landes, lors de ses vœux 2019 aux habitants. — F.Brenon/20Minutes

  • Le projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes a été annulé le 17 janvier 2018.
  • Evoqué depuis plus de 30 ans, le projet avait été déclaré d’utilité publique le 9 février 2008.
  • A Notre-Dame-des-Landes, les habitants apprécient un certain retour au calme.

A quelques jours du premier anniversaire de l’abandon du projet d’aéroport, le maire de Notre-Dame-des-Landes, Jean-Paul Naud (SE), présentait mardi soir ses vœux aux habitants. L’édile a évidemment évoqué les conséquences de l’abandon : la réaffectation des terres de la ZAD et leur « vocation agricole », la réparation des routes dégradées « espérée pour 2019 », le regain d’attractivité de la commune « sans urbaniser à tout va ». Mais pas de référence au passé, ni jugement sur l’issue d’un projet rejeté par une grande partie de sa population, ni émotion. « La commune repart de l’avant. Les gens veulent passer à autre chose », justifie-t-il après coup.

Dans la salle à peine remplie, les habitants confient en effet apprécier un « retour au calme ». « On est plutôt soulagés, commente Frédérique. Voir passer les cars de CRS, entendre parler de Notre-Dame-des-Landes à la télé, dans les journaux, c’était pesant à la longue ». « Il fallait en finir, tout le monde en avait ras-le-bol de la situation, insiste Elisabeth, jeune mère de famille. Et puis, même si on est venu en connaissance de cause, on est quand même contents de ne pas avoir d’avions au-dessus de nos têtes ! »

« Un sujet qu’il vaut mieux éviter »

Georges, 75 ans, considère lui aussi que « ça avait trop traîné ». Mais, plutôt favorable à la création de l’aéroport, il garde de la rancœur. « On a cédé face à une minorité violente. On nous a trompés sur le référendum. Je l’ai encore en travers de la gorge. » Selon lui, toutes ces années de controverse ont créé des « fractures » entre les habitants. « Il faudra du temps pour qu’elles s’effacent », est-il convaincu. « Si on ne veut pas se fâcher, c’est un sujet de discussion qu’il vaut mieux éviter », confirme Mado, qui, elle, était contre l’aéroport. Jean-Yves, lui, se dit « fier » d’avoir participé à la lutte et d’avoir « finalement été entendu par le président de la République ».

La question de la ZAD suscite également des avis assez divers. « Il y a encore des zadistes présents qui ne paient pas d’impôts, qui vivent dans l’illégalité », déplore Martine. « Ils ne nous dérangent pas mais on devrait tous être logés à la même enseigne, renchérit Mado. Et puis ces débris de voitures, ces déchets au bord des routes, c’est pas terrible. » « Il y a eu des extrémistes mais aujourd’hui ça se passe bien », considère Jean-Yves. « Ce serait bien d’accompagner ceux qui ont des projets intéressants », est convaincu Mickaël, 45 ans.

« On est la petite commune la plus connue de France »

A l’avenir, les Landais semblent souhaiter que la commune de 2.000 âmes conserve son « caractère rural », tout en voyant d’un bon œil la hausse des demandes de permis de construire. « Si ça permet de développer de nouveaux services, des transports en commun, ce serait une bonne chose », estime Elisabeth. « On a surtout besoin de commerçants, on n’en a presque plus », espère Jean-Yves.

Quant à retrouver l’anonymat, ce n’est pas pour tout de suite. « Partout où on va, à chaque fois qu’on dit qu’on vient de Notre-Dame-des-Landes, ça fait réagir », sourit Mickaël. « On est la petite commune la plus connue de France ! » est persuadée Elisabeth.

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