En annonçant le déploiement de Google Assistant sur les alarmes de sécurité connectées Nest Secure, la firme de Mountain View a déclenché une polémique à laquelle elle ne s’attendait pas.

En effet, la firme a présenté la nouveauté sur son blog le 4 février. Tout comme Amazon, elle ajoute des fonctionnalités à des produits existants comme des enceintes ou tout équipement doté d’un microphone ou d’une enceinte. Il est maintenant possible de demander la météo, une blague ou bien des informations sur le trafic routier à son alarme connectée Nest Secure.

Or, ce que les acheteurs de la Nest Secure ne savaient pas c’est que le système d’alarme connecté était doté d’un microphone. Sur le papier, le produit commercialisé en novembre 2017 aux Etats-Unis par Google comporte une alarme, un détecteur de mouvements et des capteurs à placer sur les portes et fenêtres d’une maison. En aucun cas il n’était précisé dans la fiche technique que l’appareil embarquait un microphone, selon Android Authority.

Un microphone présent dans le Nest Secure, mais absent de la fiche technique

L’ajout de Google Assistant n’est pourtant pas une surprise pour les utilisateurs de Nest Secure. Ils pouvaient déjà piloter cet appareil et son système Nest Guard depuis un smartphone compatible avec l’assistant vocal. Or, depuis le 4 février, ils n’ont plus besoin du téléphone pour cela. Il a suffi d’une mise à jour logicielle pour intégrer la fonctionnalité. Plusieurs personnes sur Twitter ont réagi en faisant part de leur surprise quand à la présence de ce microphone considéré comme un organe “espion”.

Pour la firme de Mountain View, il s’agissait de mettre à niveau son appareil sans toutefois réduire le niveau de sécurité de l’alarme connecté Nest Guard. De fait, il est impossible de désactiver l’alarme à la voix. En revanche, les utilisateurs peuvent accéder aux autres fonctions d’administrations de Next Secure à la voix.

En réaction de l’article d’Android Authority, la firme de Mountain View a exercé son droit de réponse. Elle confirme la présence du microphone dans le Nest Secure en précisant qu’il n’était pas activé par défaut.

“Il faut s’inscrire pour accéder à Google Assistant sur Nest Guard , et dès que cette fonction sera disponible pour nos utilisateurs, ils recevront un e-mail avec des instructions sur la façon d’activer la fonction et le microphone dans l’application Nest”.

Pour éviter tout malentendu Google, rappelle que les appareils dotés de Google Assistant sont équipés d’un microphone allumé en permanence. En revanche, il n’est censé réagir qu’aux commandes vocales précédées d’un Ok Google ou Hey Google. Les requêtes sont envoyées et analysées sur les serveurs de Google, puis stocker dans la catégorie Mon Activité de l’application dédiée. C’est depuis cette espace que l’utilisateur peut les voir et les supprimer.

Google et l’absence de transparence

Or ce message rassurant ne l’est pas vraiment. Ne pas préciser la présence d’un composant aussi idéologiquement marqué qu’un microphone dans un appareil de sécurité Nest Secure confère pour certain d’une grosse maladresse de communication, voire pire.

Justement, Google ne joue pas totalement la carte de la transparence en matière de sécurité. Les utilisateurs des caméras connectées Nest ont reçu un mail leur recommandant de changer leur mot de passe et d’enclencher l’authentification double facteur sans en expliquer la raison. Cela a bien évidemment fait paniquer quelques utilisateurs. Google s’est empressé de réagir auprès de The Verge en précisant qu’il n’y avait pas de failles, mais que les problèmes récents rencontrés par les utilisateurs et le vol de plus de 710 millions d’adresses mail et de 80 millions de mots de passe repérés dans une base de données situés aux pays bas demandaient un renforcement de la sécurité.