Navalny : l’Occident face au défi de la répression russe – Le Monde

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Sur la place Rouge, à Moscou, le 2 février.

Voilà à quoi ressemble un régime hérissé. Des photos de voitures officielles, dotées de plaques rouges diplomatiques étrangères, ont envahi les écrans russes, mardi 2 février. Elles étaient garées à proximité du tribunal moscovite où comparaissait l’opposant Alexeï Navalny. Maria Zakharova, la porte-parole du ministère des affaires étrangères, a commenté sur Facebook la présence de ces représentants d’ambassades provenant de plusieurs Etats-membres de l’Union européenne (UE), du Royaume-Uni ou encore des Etats-Unis. « Ce n’est plus simplement de l’ingérence dans les affaires intérieures d’un Etat souverain, écrit-elle. C’est l’auto-dévoilement du rôle illégal et peu reluisant du collectif occidental dans les tentatives d’endiguement de la Russie. Ou s’agit-il d’une tentative de pression sur la juge ? »

Les communiqués de condamnation, presque écrits par anticipation tant la peine de prison était attendue, n’ont pas tardé dans la soirée. Ils demandaient unanimement la libération immédiate de celui qu’il est permis de considérer, dès à présent, comme le plus célèbre prisonnier politique au monde. « La condamnation d’Alexeï Navalny est inacceptable, a souligné Emmanuel Macron dans un Tweet. Un désaccord politique n’est jamais un crime. Nous appelons à sa libération immédiate. Le respect des droits humains comme celui de la liberté démocratique ne sont pas négociables ». Des mots durs, choisis directement par le chef de l’Etat, qui montrent le degré d’alerte constaté récemment à Paris devant la spirale répressive déclenchée par Moscou. A Washington, le secrétaire d’Etat Antony Blinken a pour sa part diffusé un communiqué plus classique. La nouvelle administration Biden a lancé une revue large de la politique américaine vis-à-vis de la Russie, en prenant en compte toutes les menaces et agressions constatées.

« Jugement pervers »

Heiko Maas, le chef de la diplomatie allemande, a lui aussi souligné sur Twitter, et en anglais, que la décision du tribunal représentait « un coup cinglant contre les libertés fondamentales et l’Etat de droit en Russie. » Le ministre a rappelé que la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH), en 2017, avait déjà dénoncé l’absence d’instruction équitable dans cette affaire. Fin 2018, la grande chambre de la CEDH avait même ajouté à ces critiques l’existence d’un mobile politique contre l’opposant. A Londres, le chef de la diplomatie britannique, Dominic Raab, a évoqué dans un communiqué « le jugement pervers d’aujourd’hui, visant la victime d’un empoisonnement plutôt que ceux qui en sont responsables ».

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