Municipales à Paris : Agnès Buzyn (LREM) lance sa campagne, Olivier Véran nommé ministre de la Santé – 20 Minutes

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Agnès Buzyn (au centre), à Paris, ce dimanche 16 février 2020. — Rafael Yaghobzadeh/AP/SIPA

« J’y vais pour gagner » a lancé dimanche Agnès Buzyn. Il revient à la désormais candidate à la mairie de Paris la délicate mission de porter les couleurs de LREM pour remplacer en urgence Benjamin Griveaux. Sur proposition du Premier ministre, Emmanuel Macron a vers 20h « mis fin » aux fonctions d’Agnès Buzyn au gouvernement et nommé le député et médecin Olivier Véran au ministère des solidarités et de la santé. Mon « successeur évidemment prendra en main » les sujets « d’importance » du ministère, avait assuré Agnès Buzyn.

« J’y vais, j’en ai envie », a affirmé à l’Agence France-Presse (AFP) la nouvelle candidate. Sous un déluge de pluie, elle est arrivée dans la soirée dans un café parisien où LREM avait organisé un rassemblement. « Cette ville va mal, elle n’est pas bien gérée », a tout de suite lancé l’ex-ministre, entourée de militants enthousiastes et du délégué général du mouvement Stanislas Guerini.

Nouveau revirement

A moins de trente jours du premier tour le 15 mars, c’est un nouveau rebondissement majeur dans cette campagne qui n’en manque pas. Vendredi encore, Agnès Buzyn disait pourtant sur France Inter qu’elle ne « pourrait pas » être candidate en raison de son agenda « très chargé » et du « surcroît de travail » provoqué par la crise du coronavirus.

A 58 ans, l’ancienne médecin et ex-présidente de l’institut national du cancer, hérite d’une mission difficile pour la première expérience électorale de sa carrière. Avant même son retrait spectaculaire vendredi, Benjamin Griveaux était troisième dans les sondages, derrière la maire socialiste sortante Anne Hidalgo et la candidate LR Rachida Dati. Les marcheurs souhaitaient donc un poids lourd et une solution rapide dans une séquence municipale globalement compliquée, alors que le débat agité sur les retraites démarre dans l’hémicycle de l’Assemblée nationale lundi.

Les nouveaux rivaux parisiens d’Agnès Buzyn fustigent à l’inverse un « abandon de poste » au ministère de la Santé. Pour le directeur de campagne d’Anne Hidalgo, Emmanuel Grégoire (PS), la marcheuse commet « une grave faute politique » alors qu’elle « expliquait il y a deux jours qu’elle ne pouvait être candidate à Paris en raison des sujets majeurs dont elle s’occupe : coronavirus, crise hospitalière… ». Dans l’entourage du dissident et ex-LREM Cédric Villani, on critique aussi une « décision incompréhensible » qui « fragilise l’exécutif en pleine crise sanitaire, au détriment d’un rassemblement et d’une victoire possibles derrière » le mathématicien.

Olivier Véran nommé ministre de la Santé

C’est maintenant Olivier Véran qui va devoir gérer les nombreux dossiers sensibles du ministère. Agé de 39 ans et issu des rangs socialistes, ce député LREM, neurologue de profession, était rapporteur du budget de la Sécurité sociale à l’Assemblée et co-rapporteur de la loi sur la réforme des retraites. Adepte de formules chocs, volontiers taquin avec les oppositions, il espérait depuis longtemps entrer au gouvernement, y compris sous le précédent quinquennat.

Il y avait urgence chez LREM à tourner la page Benjamin Griveaux, premier homme politique de premier plan à démissionner pour une affaire de « sex tape ». Les diffuseurs présumés de vidéos sexuelles, l’artiste russe Piotr Pavlenski et sa compagne Alexandra de Taddeo, sont tous deux en garde à vue pour « atteinte à l’intimité de la vie privée » et « diffusion sans l’accord de la personne d’images à caractère sexuel », dans le cadre de l’enquête ouverte samedi à la suite du dépôt d’une plainte contre X de M. Griveaux. Selon une source proche du dossier, Alexandra de Taddeo aurait été au départ la destinataire des vidéos sexuelles datant de mai 2018.

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