Le mot de la fin pour la saga Mt. Gox? Le français Mark Karpelès a été condamné aujourd’hui à deux ans et demi de prison avec sursis pour détournement de données informatiques selon les autorités japonaises.

 

Karpelès avait été arrêté en 2015 pour son implication supposée dans la chute de la bourse d’échange de cryptomonnaie Mt.Gox. Cette plateforme, basée au Japon, avait été l’une des premières bourses d’échange de bitcoins au début des années 2010 et avait annoncé en 2014 avoir découvert un trou dans sa trésorerie de plus de 700 000 bitcoins. La plateforme évoquait à l’époque des piratages, mais le dirigeant a été arrêté par les autorités japonaises un an plus tard et accusé d’avoir détourné l’argent de ses clients, ce qu’il a toujours nié. Mark Karpelès est resté en détention pendant 10 mois au Japon avant d’être finalement libéré sous caution en juillet 2016.

Bouc émissaire

L’affaire a traîné en longueur et au fil des mois, les arguments des autorités japonaises ont commencé à montrer leurs limites. L’arrestation en 2017 d’Alexander Vinnik est notamment venu bousculer l’affaire : celui-ci est soupçonné d’être le pirate informatique à l’origine des vols de bitcoins sur la plateforme Mt.Gox, bitcoins qu’il aurait par la suite blanchis en utilisant sa propre plateforme d’échange BTC-e.

Malgré ces révélations, le verdict était attendu avec une certaine appréhension. Le système judiciaire japonais est en effet particulièrement sévère avec les mis en examens et certains observateurs rappellent le fait que l’immense majorité des personnes mises en examen finissent condamnées. Le système n’est pas non plus particulièrement clément avec les ressortissants étrangers. Pour Mark Karpelès, il y avait donc toujours lieu de s’inquiéter : celui-ci était jugé pour des chefs de détournement de fonds, abus de confiance et manipulation de données informatiques. Les procureurs avaient requis une peine de dix ans de prison pour le français. Au final, seule la manipulation de données informatiques a été retenue contre lui.

Comme le rapporte Les Échos, Karpelès a salué un verdict « exceptionnellement bon pour le Japon. » Le parquet japonais pourrait encore faire appel de la décision et relancer l’affaire, mais ce premier verdict est une victoire pour le français qui a toujours clamé son innocence dans l’affaire.