Le lundi 18 février dernier, une habitante de Châtillon-en-Diois avait perdu l’enfant qu’elle portait alors enceinte de plus de sept mois. Suivie pour une grossesse à risque, la Drômoise avait d’abord été transportée ce soir-là, par les sapeurs-pompiers, de son domicile jusqu’aux urgences dioises. Puis elle avait dû attendre l’hélicoptère du Samu pour se rendre à Montélimar presque trois heures plus tard. C’est là, avant l’héliportage, que le terrible diagnostic établi était confirmé : le coeur du bébé avait cessé de battre. Le drame est intervenu quelques mois seulement après la fermeture de la maternité de Die de décembre 2017.  

La prise en charge de la future maman a-t-elle été suffisante pendant la grossesse ? L’agence régionale de santé (ARS) a rendu ce vendredi 7 juin les conclusions de son enquête. Elle considère que le parcours de soins a été mal coordonné avec une multiplication d’acteurs. «La patiente a été suivie par dix professionnels de santé», précise le Docteur Jean-Philippe Gallat, assermenté par l’ARS pour cette mission d’investigation.

Sa pathologie «rarissime» aurait dû faire l’objet «d’un dispositif médical existant qui articule le centre périnatal de Die et le centre hospitalier de Valence», insiste le directeur général de l’ARS Jean-Yves Grall.

Pour le préfet de la Drôme Hugues Moutouh, «la patiente a suivi un parcours de soins ératique qui n’est absolument pas imputable à un dysfonctionnement des services médicaux».

Quelques jours après le drame, le papa s’était confié au Dauphiné Libéré : «Aujourd’hui, je regrette d’avoir suivi le protocole en appelant le 15. J’aurais dû mettre ma femme dans la voiture et filer à la maternité de Montélimar», avait-il déclaré.

Les trois préconisations de l’agence régionale de santé

Outre son rapport d’enquête, l’ARS préconise trois recommandations : 
1. Une coordination accrue et une information plus poussée du dispositif coordonnée entre le centre périnatal de proximité de Die et le centre hospitalier de Valence.
2. Un audit sera mené sur les urgences de Valence notamment pour un héliportage plus efficace.
3. Une information et formation sur le centre périnatal de proximité de Die en lien avec le chargé de mission financé par l’ARS dans le cadre du contrat local de santé. 

“Les défaillances de la prise en charge” selon l’ARS