Mort de George Floyd : Minneapolis interdit la pratique d’étranglement aux policiers – Le Parisien

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C’est une mesure forte. Symboliquement et concrètement. La ville de Minneapolis (Etats-Unis) a décidé d’interdire à ses forces de police toute technique d’immobilisation relevant d’un étranglement. Vendredi, son conseil municipal a validé à l’unanimité cet accord avec l’Etat du Minnesota. Le texte a été transmis à un juge du tribunal, qui doit encore l’approuver.

Cette décision a été prise onze jours après le décès de George Floyd, cet Afro-Américain de 46 ans, mort asphyxié pendant son interpellation par quatre policiers locaux intervenus après que la victime a tenté de payer des cigarettes avec un billet de 20 dollars présumé contrefait. L’un d’eux, Derek Chauvin, officier expérimenté au passé sulfureux, a maintenu au sol le suspect en écrasant son genou sur sa nuque pendant presque 9 minutes, indifférent aux supplications de George Floyd qui n’arrivait plus à respirer.

VIDÉO. « Je ne peux plus respirer » : la vidéo de l’interpellation de George Floyd

Si la « pratique particulière » employée par Derek Chauvin (le genou sur le cou) est interdite, comme l’a rappelé la municipalité, les membres du Département de police de Minneapolis sont en revanche autorisés à recourir à l’étranglement — avec le bras ou la jambe — et même à provoquer l’évanouissement de la personne contrôlée, dans des cas bien définis tel un risque vital, une agression très violente ou une résistance extrême. Ces pratiques potentiellement dangereuses, courantes à Minneapolis alors qu’elles sont déconseillées voire proscrites dans d’autres Etats américains, risquent cette fois d’être rayées du manuel de police.

Dix ans de pratiques policières passés au crible

L’accord entériné vendredi, qui porte sur tous types d’étranglements, ne se limite pas à cette question. Le projet soumis au feu vert d’un juge exige de tous les officiers qu’ils interviennent en cas de recours à la force interdit, abusif ou disproportionné dont ils seraient témoins. Ces gradés devront le signaler à leur hiérarchie, depuis le terrain où surviendraient de tels dérapages. Dans le cas contraire, ils s’exposeront à des poursuites similaires à celles engagées contre les auteurs présumés de ces violences policières.

Par ailleurs, la municipalité a souhaité mieux encadrer la gestion du maintien de l’ordre à l’occasion de manifestations tendues. Désormais, seul le chef de la police ou son représentant dûment désigné pourra décider d’employer certaines tactiques ou armes (gaz lacrymogène, balles en caoutchouc) pour contenir une foule. Le service local qui enquête sur les bavures policières aura aussi un accès élargi aux caméras de surveillance.

Quatre ex-policiers sont à présent inculpés à la suite du meurtre de Georges Floyd. Mais c’est l’ensemble des forces du département de police de Minneapolis qui se retrouvent sous le feu des critiques. Depuis mardi, ce service est même visé par une plainte déposée par le gouverneur et le ministère des Droits de l’homme du Minnesota. L’enquête sans précédent va examiner ses pratiques potentiellement discriminatoires aux droits civiques, sur ces dix dernières années, dans une ville où les Noirs ne représentent que 19 % de la population. La municipalité attend beaucoup de cette procédure, certains membres regrettant d’avoir tant tardé pour réclamer des réformes radicales.

Des réformes, le chef de la police de Minneapolis, se dit prêt à en engager. « Je proposerai des changements de politique en profondeur », a annoncé vendredi Medaria Arradondo, qui veut « accentuer les efforts pour améliorer la confiance de la population ». Il y a urgence. Ce samedi, certains proches de la municipalité devaient se réunir avec une idée forte en tête : démanteler le département de police.

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