Michel Fourniret a séquestré, violé et tué Estelle Mouzin, selon son ex-épouse, Monique Olivier – Le Monde

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Estelle Mouzin avait été enlevée à Guermantes (Seine-et-Marne) le 9 janvier 2003.

L’ex-épouse de Michel Fourniret, Monique Olivier, a affirmé devant les juges que son ex-mari avait kidnappé Estelle Mouzin en 2003 et qu’il l’avait emmenée à Ville-sur-Lumes (Ardennes) « pour la séquestrer », la violer et l’étrangler, a déclaré son avocat, Richard Delgenes, vendredi 21 août.

Entendue depuis mardi à Paris par une juge d’instruction, Monique Olivier, 71 ans, est désormais mise en examen pour « complicité » dans l’enquête sur la disparition de la fillette de 9 ans enlevée à Guermantes (Seine-et-Marne), a précisé Richard Delgenes. « Il reste des investigations à mener pour découvrir où est le corps », a-t-il ajouté.

Cette disparition non élucidée avait connu un développement décisif fin novembre 2019 quand Monique Olivier avait fini par contredire, devant la juge, l’alibi fourni jusqu’alors par elle et son ex-mari pour le jour de l’enlèvement de la fillette à sa sortie de l’école. Cette confession avait mené quelques jours plus tard à la mise en examen de Michel Fourniret pour « enlèvement et séquestration suivis de mort ».

Des aveux, mais pas de corps

Le 24 janvier, date de sa dernière audition, Monique Olivier, déjà condamnée à la perpétuité comme complice d’autres crimes de son ex-mari, avait réitéré ses accusations contre ce dernier. Elle avait assuré qu’il avait « bien tué » Estelle Mouzin, évoquant de possibles « repérages » quelques jours avant sa disparition, alors qu’elle rentrait de l’école, le soir du 9 janvier 2003.

Début mars, le tueur en série, âgé de 78 ans, qui souffre de troubles de la mémoire, était passé aux aveux dans le bureau de la juge d’instruction : « Je reconnais là un être qui n’est plus là par ma faute », avait-il déclaré à la juge Sabine Khéris, estimant « pertinent » que le corps, jamais retrouvé, puisse être dans l’une de ses anciennes propriétés des Ardennes.

Article réservé à nos abonnés Lire aussi Meurtre d’Estelle Mouzin : les aveux de Michel Fourniret, « pervers absolu »

Fin juin, une cinquantaine de gendarmes et d’experts se sont rendus à Ville-sur-Lumes, près de Charleville-Mézières, pour fouiller pour la première fois l’ancienne maison de la sœur de Michel Fourniret, qui était vide à l’époque depuis le décès de cette dernière quelques mois plus tôt.

Un ticket de caisse imprimé dans un supermarché à proximité le 11 janvier 2003 – soit deux jours après la disparition d’Estelle Mouzin à Guermantes, à 200 km de là – et retrouvé lors d’une perquisition chez Michel Fourniret avait guidé les enquêteurs jusqu’à ce quartier pavillonnaire.

Alibi mis à mal par son ex-épouse

Des moyens hors norme, dont un drone équipé d’une caméra hyperspectrale capable de détecter les irrégularités du sol, ont été déployés. Mais les fouilles, à commencer par celle de la cave, dont le sol autrefois constitué de terre aurait été recouvert de béton par Michel Fourniret, n’ont rien donné. Les enquêteurs s’étaient ensuite rendus au château du Sautou, ancienne propriété du tueur, à une dizaine de kilomètres de là, où deux de ses victimes ont été retrouvées en 2004. Sans plus de succès.

Dès 2006, la police s’était intéressée une première fois à Michel Fourniret. Une photo d’Estelle Mouzin avait, en effet, été retrouvée sur son ordinateur et une camionnette blanche semblable à celle du tueur avait, à l’époque, été repérée en Seine-et-Marne.

Michel Fourniret, condamné deux fois à la perpétuité, en 2008 puis en 2018, pour les meurtres de sept jeunes femmes ou adolescentes, précédés de viols ou de tentatives de viol, commis entre 1987 et 2001, affirmait jusqu’ici se trouver à son domicile de Sart-Custinne, en Belgique, invoquant un appel téléphonique passé à son fils le soir des faits pour son anniversaire.

Ce dernier n’avait alors pas décroché, mais l’appel a été attesté par des relevés téléphoniques. Un alibi fragilisé par les déclarations de Monique Olivier, qui a raconté à la juge, le 21 novembre 2019, avoir elle-même passé ce coup de téléphone, à la demande de son mari.

Lire aussi Le père d’Estelle Mouzin attaque l’Etat pour avoir « renoncé à chercher » sa fille

Chronologie

9 janvier 2003

Estelle Mouzin, 9 ans, disparaît à Guermantes (Seine-et-Marne) entre son école et son domicile.

Juillet 2003

Les enquêteurs disent étudier le dossier de Michel Fourniret qui vient d’être arreté en Belgique. La police le met hors de cause en janvier 2007.

7 octobre 2013

L’expertise de poils et de cheveux prélevés dans la voiture de Michel Fourniret ne permet pas de retrouver de trace ADN d’Estelle.

8 janvier 2018

Le père attaque l’Etat pour « faute lourde », accusant la police et la justice d’avoir « renoncé à chercher sa fille ».

21 novembre 2019

L’ex-épouse de Michel Fourniret, Monique Olivier, contredit devant la juge chargée de l’enquête l’alibi fourni par le tueur en série.

27 novembre 2019

Michel Fourniret est mis en examen pour « enlèvement et séquestration suivis de mort ».

6 mars 2020

Michel Fourniret reconnaît les faits lors d’un interrogatoire par une juge d’instruction.

Le Monde avec AFP

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