Ils assurent « ne pas toujours comprendre » les questions, et ne pas savoir pourquoi ils sont en garde à vue. Les quatre hommes interpellés jeudi matin et suspectés d’être liés à la mort de Johanna Blanes, tuée et violée dimanche dans un tunnel à Mont-de-Marsan (Landes) nient pour le moment toute implication dans ce crime « sordide ».

Pourtant, au moins un des suspects semble aujourd’hui accroché par les enquêteurs de la police judiciaire de Bordeaux. L’ADN de Hussein A., qui était inscrit au Fichier national automatisé des empreintes génétiques (FNAEG) depuis une condamnation en début d’année pour des violences sur sa femme, a en effet été retrouvé sur le corps de la victime, a confirmé ce vendredi Olivier Janson, le procureur de Mont-de-Marsan.

Ce ressortissant syrien arrivé en France en 2016 et bénéficiant d’un statut de réfugié a par ailleurs été interpellé « avec la carte SIM de la victime dans sa poche », a expliqué Olivier Janson. Le téléphone portable de la victime a aussi été retrouvé dans son appartement où les trois autres suspects ont été interpellés. Eux aussi nient leur implication dans cette affaire. Mais les policiers espèrent faire très vite parler la science.

Doutes sur la nationalité des suspects

En effet, selon nos informations, plusieurs ADN ont été retrouvés par les enquêteurs sur le corps de Johanna Blanes. Dès leur placement en garde à vue, celui des trois autres hommes a été prélevé. Ces ADN étaient, vendredi soir, toujours en cours d’analyse. Ils seront ensuite comparés à ceux trouvés sur le corps de la jeune mère de 24 ans.

L’autre question qui occupe les enquêteurs concerne les identités de ces hommes. Selon nos informations, au moins l’un d’entre eux serait en situation irrégulière sur le territoire français. Mais les trois suspects ne semblent pas très coopératifs. Ils se disent Algérien ou Tunisien, mais rien ne prouve qu’ils ne sont pas, eux non plus, Syriens. Ils ne parviennent pas non plus à expliquer pourquoi des effets personnels de Johanna Blanes, étaient dans l’appartement de leur ami. Leur garde à vue doit se prolonger jusqu’à ce samedi matin.

S’ils n’étaient finalement pas impliqués dans la mort de la jeune femme, ces hommes pourraient, une fois leur situation en France clarifiée, faire l’objet d’une mesure de rétention administrative.