Marseille : Jean-Noël et Alexandre Guérini condamnés à de la prison ferme – France 3 Régions

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Le tribunal correctionnel de Marseille a condamné à 3 ans de prison dont 18 mois ferme le sénateur Jean-Noël Guérini, avec détention à domicile. Son frère Alexandre est condamné à 6 ans de prison avec mandat de dépôt différé, douze ans après les débuts d’une enquête tentaculaire.

Au terme d’une procédure gigantesque, l’ancien président du conseil général des Bouches-du-Rhône Jean-Noël Guérini est condamné à 3 ans de prison dont 18 mois ferme avec détention à domicile, ainsi qu’à une amende de 30.000 euros et à 5 ans d’inéligibilité.

L’ex-homme fort du PS, qui va devoir quitter ses fonctions de sénateur et conseiller départemental, effectuera sa peine en détention à domicile. 

Son frère cadet et personnage clé de ce dossier, Alexandre, est condamné pour sa part à six ans ferme, non-aménageable, avec mandat de dépôt différé. Il devra donc se présenter à la prison des Baumettes dans le courant du mois de juin.

Avec dix autres prévenus, ils étaient accusés de trafic d’influence, prise illégale d’intérêt, abus de biens sociaux, ou encore favoritisme.

La justice reprochait notamment à l’ancien président du conseil général des Bouches-du-Rhône Jean-Noël Guérini d’avoir favorisé son frère Alexandre, entrepreneur dans la gestion des déchets, pour l’obtention d’un terrain dont il avait besoin pour agrandir une décharge. 

J’ai toujours séparé les intérêts privés de mon frère et l’intérêt général, je n’ai jamais mélangé les genres”, avait affirmé le sénateur à la fin de cette première semaine de procès. Le parquet avait requis quatre ans de prison dont deux ferme à son encontre, avec 70.000 euros d’amende et cinq ans d’inéligibilité.

Selon les procureurs, les faits reprochés à Alexandre Guérini, "d’une exemplaire gravité"

Selon les procureurs, les faits reprochés à Alexandre Guérini, “d’une exemplaire gravité” © David ROSSI/MAXPPP

Alexandre Guérini, de son côté, était accusé d’avoir profité de la position de son frère pour faire pression sur des élus, s’enrichir ou favoriser des proches dans ses activités. Les procureurs avaient requis huit ans de prison ferme avec mandat de dépôt et 500.000 euros d’amende à son encontre. 

Cette affaire, présentée comme “L’affaire” de favoritisme dans le milieu des déchets, met au jour une toile tissée jusque dans les services de Marseille Provence Métropole, le Conseil Départemental des Bouches-du-Rhône et ses satellites. 

Ils ont fait du clientélisme un mode de gouvernance” : lors des réquisitoires, le procureur avait fustigé “la communauté d’intérêts” des frères Jean-Noël et Alexandre Guérini destinée à “servir les intérêts politiques” de l’un et à “engranger des profits considérables” pour l’autre.

Ces dernières années, plusieurs magistrats instructeurs se sont succédés pour mener cette enquête tentaculaire, qui s’étend au-delà des frontières françaises, notamment vers le Luxembourg et la Suisse.

En tout, ce sont 11 ans d’enquête (2009 à 2020), 58 tomes, 40.000 pages, des dizaines de perquisitions, 600 pièces à convictions réunies, des centaines d’heures d’écoutes téléphoniques, 150 personnes auditionnées, 31 gardes à vue, 99 interrogatoires dont 30 pour Alexandre Guérini, à lui seul. 

En 2011, l’affaire avait ébranlé la fédération socialiste des Bouches-du-Rhône, que Jean-Noel Guérini dirigeait à l’époque. Sous pression, l’ex-homme fort du département avait fini par quitter le Parti socialiste en 2014.

Douze prévenus pour un système clientéliste

Pendant les quatre semaines qu’ont duré le procès, dix autres prévenus dont une entreprise appartenant à Alexandre Guérini se sont aussi présentés à la barre du tribunal correctionnel de Marseille pour répondre aux questions sur le “système Guérini”.

Parmi eux l’ancien président de la Communauté du Pays d’Aubagne et de l’Etoile, la compagne d’Alexandre Guérini, l’ancien directeur de la propreté de la Communauté Urbaine de Marseille devenue Métropole, ou encore l’ancien directeur de cabinet de Jean-Noël Guérini.

Sept d’entre eux ont été condamnés, et Philippe Rapezzi, collaborateur d’Alexandre Guérini, est relaxé.

Début avril, le parquet avait requis à leur encontre des peines allant d’un an avec sursis à deux ans de prison dont un ferme, et des amendes de 15.000 à 100.000 euros. 

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